Ectatomma tuberculatum

Amérique du Sud

1) CLASSIFICATION ET SIGNIFICATION :

Famille : Formicidae

Sous famille : Ectatomminae

Tribu : Ectatommini

Genre : Ectatomma

Espèce : Ectatomma tuberculatum

Taxonomiste et année de découverte : Guillaume-Antoine Olivier en 1792 à Cayenne en Guyane française.

Nom vernaculaire : Pas de nom vernaculaire.

Synonyme et anciens noms utilisés : Cette espèce possède un ancien nom Formica tridentata et un synonyme Ectatomma ferruginea.

Étymologie genre : Provenance incertaine, venant peut-être de la racine “ectasis” signifiant “extase/extasiant” et qui pourrait ici être comprit dans le sens du mot “attirant” en raison des couleurs vives et des pilosité fines que présentent la majorité des représentantes du genre.

Étymologie espèce : Provenant de la racine latine “tuberculum” signifiant “petite bosse/excroissance/protubérance” en raison des petites excroissances qu’elle laisse apparaître sur son thorax.

2) MORPHOLOGIE ET IDENTIFICATION :

TAILLE GYNE : 14-16 MM

TAILLE OUVRIÈRES : 8-12 MM

PAS DE MAJORS
TAILLE MÂLES : 8-11 MM

Morphisme : Cette espèce est plutôt monomorphe, il n’y a pas de caste et les variations de taille entre les individus sont très peu marquées. 

Confusion d’identification : Cette espèce ne peut pas être confondue avec d’autres représentantes de son genre. Pas d’espèce cryptique recensée.

Description : Ectatomma tuberculatum est une fourmi de couleur brune voire orangée ou jaune. Les fourmis du genre Ectatomma sont facilement reconnaissables par leurs larges mandibules et leur gastre courbé. Ce sont des fourmis trapues possédant un aiguillon fonctionnel vestige de leur nature préhistorique, le genre semblant être présent sur terre depuis le miocène. Ectatomma tuberculatum possède de longues et fines mandibules affutées ainsi que des yeux moyennement développés. Elles sont très anguleuses, laissant apparaître des courbes tranchées et de nombreuses protubérances. La pilosité est moyennement importante.

Particularités physique notables : La forme spécifique des mandibules d’Ectatomma tuberculatum lui permet de transporter des gouttes d’eau ou de miellat jusqu’à son nid. En effet, comme de nombreuses ponéromorphes, le muscle du sphincter (régulateur du jabot social) du genre Ectatomma est peu développé, la trophallaxie lui est donc impossible.

Les oeufs sont petits, de forme ovale et de couleur noirâtre; à cause de leur forme, les ouvrières ne peuvent les transporter qu’un par un.

3) BIOLOGIE :

Description du biotope : Cette espèce se retrouve dans les forêts néo-tropicales humides et pluviales d’Amérique latine. Elles sont majoritairement arboricoles et se nourrissent dans la strate arbustive des zones boisées.

Dans leur biotope on retrouve une grande quantité de plantes épiphytes, de jardins myrmécophytes, de Calathéa et de lianes.

Nidification : Les nids d’Ectatomma tuberculatum se trouvent à la base d’arbres et d’arbustes nectarifères. Elles construisent souvent une entrée monodômique en forme de cheminée verticale avec des débris de végétaux, le long des troncs sur une dizaine de centimètres pour 2 ou 3cm de largeur. Les galeries s’enfouissent ensuite sous terre sur une cinquantaine de centimètres de profondeur.

Démographie : Les colonies matures comportent peu d’individus entre 400 et 500 ouvrières. Le developpement est assez rapide mais les colonies finissent souvent pas se scinder (fission coloniale).

Particularités sociales : Dans son milieu naturel, il est souvent observé que l’espèce entretient un mutualisme avec Crematogaster limata. A l’aube et au crépuscule, moment ou les ouvrières “butineuses” et “chasseuses” d’Ectatomma sortent en nombre, les ouvrières s’immobilisent dans la galerie verticale et laissent les Crematogaster rentrer. Des études ont montrées que les Crematogaster limata nettoyaient la cuticule des Ectatomma en se nourrissant des restes de nectar après récolte sur les glandes extraflorales de certaines espèces de passiflores ou de Tocoyena formosa.

Ectatomma tuberculatum est également l’hôte de l’espèce parasite sociale, Ectatomma parasiticum.

Alimentation : Dans la nature les Ectatomma tuberculatum se nourrissent principalement de nectars et d’insectes qu’elles récoltent dans la strate arbustive amazonienne. Les ouvrières récoltant les miellats extra-floraux et floraux sont dites “butineuses” et celles se chargeant de chasser de petits insecte sont dites “chasseuses”. Leur zone de fourragement est strictement arboricole. Les ouvrières déposent de petits morceaux d’insectes sur leurs larves, ces dernières sont mobiles et se nourrissent ensuite seules.

Période d’essaimage : Les essaimages ont lieu toute l’année et sont souvent intranidaux.

Gynie : Cette espèce à une forte tendance à la polygynie. Il n’est pas rare de retrouver in natura des colonies avec plus d’une dizaine de gynes. Les colonies monogynes restent toutefois totalement viables.

Fondation : La fondation est semi-claustrale, la gyne sortira régulièrement chercher du nectar et chasser des insectes pour nourrir son couvain.

Cycle de développement : Exogène homodynamique, Ectatomma tuberculatum se développe toute l’année.

4) RÉPARTITION :

Ectatomma tuberculatum se retrouve abondamment dans toute la zone néotropicale comprise entre le tropique du cancer et le tropique du capricorne. On la retrouve donc dans les forêts semi-humides du Texas, jusqu’aux forêts tropicales du Paraguay.

5) ÉLEVAGE :

Température de maintiens :

  • 24 à 29°C dans l’ADC
  • 22 à 26°C dans le nid (faire un point chaud et un point froid est fortement conseillé)

La préférence thermique varie particulièrement en fonction de la zone de récolte. Ainsi des colonies provenant du côté ouest de l’Amérique du sud ou de la Cordillère des Andes requièreront une température plus fraîche (22/23) que des colonies provenant des grandes forêts de l’Est (25/26).

Hygrométrie : hygrométrie importante dans l’air 75 à 85% mais veillez à ce que le sol ne soit pas détrempé pour le bien du couvain. Créer un gradient hygrométrique dans le terrarium est conseillé.

Set up : Pour le set up de fondation, on choisira une boîte large et spacieuse (exemple 30*30*30) où la/les gynes pourront creuser dans un substrat organique (pour le tissage des cocons). Un substrat stable, aéré et compact sera de rigueur (mélange d’humus, d’argile et de déchets organiques) et le drainage sera une obligation. Nous vous conseillons également d’ajouter une microfaune abondante telle que des collemboles, des iules, des lombrics, des cloportes, gloméris…

Il faudra veiller à ajouter des morceaux de feuille morte dans votre litière et des lianes ou bouts de bois grimpant. Ectatomma tuberculatum étant une ponéromorphe arboricole, privilégiez la hauteur et utilisez tout l’espace dans votre terrarium. Elles ne grimpent pas aux surfaces lisses.

Pour les colonies plus avancées, on choisira un terrarium. Ce dernier, pour une colonie adulte, devra au minimum mesurer 80cm de longueur pour 90cm de hauteur. Ces colonies seront bien moins stressées et beaucoup plus adaptables en terme de nid. Il faudra prévoir des galeries hautes et spacieuses si vous choisissez de faire un nid pré-creusé pour vos colonies une fois bien établies.
En terrarium, nous vous conseillons de réaliser des gradients thermiques et hygrométriques (point chaud/froid – mi sec/humide) afin de laisser vos fourmis choisir leurs conditions. Récemment, des éleveurs européens ont réussit avec succès une implantation de passiflores sucrières à glandes extraflorales dans un but alimentaire en complément de l’alimentation apportées.

Alimentation : L’espèce se nourrira à environ 60% de miellats, veillez à alterner vos recettes pour leur fournir une diversité importante de nutriments. A noter que 40% de son régime alimentaire sera également constitué de petits insectes :  mouches, drosophiles, vers de farines, grillons, blattes…

Foreuse ? : Non, l’espèce n’est pas foreuse.

Diapause : Il n’y a pas de diapause prévue dans le cycle de développement de cette espèce, néanmoins certains éleveurs opteront par précaution pour une diminution des températures (~21/22°C) quelques mois dans l’année, sans que l’utilité d’une telle diminution ne soit avérée.

Fondation : la fondation est semi claustrale, il faudra nourrir la/les gynes quotidiennement avec des protéines. Le stress pourra être fatal; il faudra garder la gyne puis la petite fondation dans le plus grand calme en veillant à ne pas ou très peu les observer.

Cohabitation : Cette espèce sera idéale pour les cohabitations en grand volume. Elle pourra être utilisée dans des bacs communautaires avec Gigantiops, Pseudomyrmex, Cephalotes, Neoponera (petites espèces), Mayaponera, Gnamptogenys, Fulakora, Anochetus Platythyrea (petites espèces)…

Difficultés d’élevage : Comme chez la majeure partie des Ectatomminae, les ouvrières ne seront que très rarement observées entrain de fourrager en journée les 2 premières années. Avec de la rigueur, la fondation de cette espèce sera cependant assez facile. Les changements hygrométriques pourront également être fatals aux colonies, une difficulté sera donc de garder stable l’hygrométrie du terrarium.

Conclusion : Une espèce géniale et colorée qui ravira de nombreux éleveurs de par son activité et son mode de vie. Ses difficultés en feront néanmoins une espèce réservée aux éleveurs patients.

Sources :

-mxwegele (pixabay)
-bere69 (pixabay)
-Selva ant (pour wikimedia commons)
-blog de @Saber (instagram myrmico_fourmi)
-alexander wild (pour wikimedia commons)
-instagram @myrmicants
-flickr l’haricot myrmecology
-instagram @one_ants
-expérience de @FrenchAnt
-antweb
-antwiki
-antmaps

Fiche rédigée par FrenchAnt et complétée par One_ants

Laisser un commentaire