Camponotus maculatus

Afrique

1) CLASSIFICATION ET SIGNIFICATION :

FAMILLE : Formicidae

SOUS FAMILLE : Formicinae

TRIBU : Camponotini

GENRE : Camponotus

ESPÈCE : Camponotus maculatus

TAXONOMISTE ET ANNÉE DE DESCRIPTION : Espèce découverte par Johan Christian Fabricius en 1782.

NOMS VERNACULAIRES : “Fourmi grand galop” en raison de sa grande vitesse.

SYNONYMES ET ANCIENS NOMS UTILISÉS : Il existe plus de 60 synonymes de Camponotus maculatus.

Étymologie genre : “Campo” est une racine du grec “kampé”, signifiant “courbé” et “notus” une racine latine signifiant “dos“

Étymologie espèce : Du latin “macula” qui à pour seconde signification “tache jaune”.

2) MORPHOLOGIE ET IDENTIFICATION :

TAILLE GYNE : 16-17 MM

TAILLE OUVRIÈRES : 6-11 MM

TAILLE MAJORS : 12-15 MM

TAILLE MÂLES : 10 MM

MORPHISME : Cette espèce est fortement polymorphe, avec des individus parfois 2 fois plus gros que d’autres au sein d’une même colonie.

FAISANT PARTIE D’UN GROUPE D’ESPÈCES CRYPTIQUES : Non: cette espèce se distingue aisément de toutes les autres Camponotus de sa région… ou du moins de toutes les Camponotus décrites de sa région.

DESCRIPTION : Camponotus maculatus est une relativement grande espèce de Camponotus africaine de couleur très variable en fonction des localités et des morphes, variant du jaune au noir en passant par le orange et plus rarement le marron clair.

Elle possède 3 castes d’ouvrières (major, média, minor). Les majors sont très imposants, les plus gros mesurant presque la taille de la gyne et possédant de très puissantes mandibules. D’après les observations, les médias serviraient principalement de « pots de miel » et s’occuperaient de déplacer le couvain. La pilosité est relativement faible, laissant une apparence très lisse et brillante du tégument. C’est la Camponotus avec le plus grand nombre de sous-espèces et de morphes (paternes).

Camponotus maculatus est l’espèce éponyme et par la même occasion principale, du complexe maculatus.

3) BIOLOGIE :

DESCRIPTION DU BIOTOPE : Camponotus maculatus est une espèce de plaines et de forêts sèches, on la retrouve dans la brousse, dans la savane herbeuse ou légèrement arborée et dans les zones à végétation basse. Son biotope est plutôt sec et on ne l’observe qu’à basse altitude. Les ouvrières fourragent seules ou en petits groupes dans le tapis graminéen formant leur biotope.

NIDIFICATION : Les nids sont souvent à même le sol, dans la terre ou sous les pierres.

DÉMOGRAPHIE : 10 000 individus, bien que ce genre de colonies ne soit que très rarement observé.

PARTICULARITÉS COMPORTEMENTALES : Bien que les petites colonies se fassent très discrètes car soumisent à de fortes pressions, cette espèce est très dominante dans son milieu. Les grosses colonies sont très agressives, rivalisant avec les grandes Ponerinae ou Myrmicinae . Elles sont capables de se défendre en déposant des gouttes d’acide formique sur leur proie/agresseur. Chez cette espèce, on observe un nombre important de rapports trophiques (trophallaxies). Les travailleurs peuvent être observés très loin de leur nid (plus de 20 mètres).

Les majors sont très agressifs au dérangement du nid. Les ouvrières sont connus pour faire partie des Camponotus les plus rapide du monde sous certaines localité. En effet, elles sont obligées de dépasser une certaine pointe de vitesse pour ne pas se brûler les pattes quand le soleil est haut dans le ciel.

ALIMENTATION : Dans la nature cette espèce se nourrit principalement de miellat et de nectar provenant des pucerons (ou aphides) qu’elle élève et des plantes grasses présentes dans son écosystème. Cette espèce est également frugivore, charognarde et se nourrira donc d’insectes ou plus rarement de viandes. C’est donc une espèce omnivore et plutôt opportuniste, bien qu’en captivité certaines colonies puissent devenir difficiles avec le temps. En captivité on nourrira cette espèce avec des liquides sucrés à base de miel, de lait, de sucre roux ou tout autre mélange, de quelques fruits BIO et d’insectes vivants (adapter les proies à la colonie), fraîchement tués ou congelés.

ESSAIMAGE : Les essaimages se font globalement de début mars à août en fonction des localités mais des vols nuptiaux de moindre importance peuvent avoir lieu toute l’année dans les pays afro-tropicaux et équatoriaux.

GYNIE : Cette espèce est strictement monogyne et ne pratique ni l’oligogynie, ni la pléométrose.

FONDATION : La fondation est indépendante et claustrale. La gyne ne sort pas de sa loge et nourrit ses larves avec ses réserves jusqu’à l’arrivée des premières ouvrières.

CYCLE DE DÉVELOPPEMENT : Le cycle de Camponotus maculatus est hétérodynamique. La diapause est déclenché par l’horloge biologique de l’animal.

Fait intéressant : Pour certains scientifiques, Camponotus maculatus est un exemple d’une espèce qui de part sa diversité génétique variable localement pourrait se diviser en plusieurs espèces distinctes dans les milliers d’années à venir (spéciation). Il est également intéressant de noter que cette espèce est extrêmement proche génétiquement de Camponotus substitutus alors que ces deux espèces n’ont géographiquement et chronologiquement eut aucun contacte au cours de l’évolution.

4) RÉPARTITION :

Camponotus maculatus se retrouve dans toute l’Afrique (hors zones subsaharienne et désert du nord). On l’observe aussi au moyen orient, à Madagascar, aux Comores, à la Réunion et aux Seychelle.

5) ÉLEVAGE :

TEMPÉRATURE DE MAINTIEN : 23 à 28 °C. cette espèce est thermophile, la température influencera le temps de développement du couvain. D’environ un mois pour une ouvrière minor à la température idéale, il pourra aller jusqu’à deux mois et demi pour les majors. La nymphose se fait dans un cocon, les nymphes nues sont un signe d’hygrométrie trop importante, ils donneront généralement des imagos handicapés ou ne donneront rien et seront mis au dépotoir.

SET UP : En élevage, on privilégiera le tube (18mm ou 20mm) pour la fondation, puis la majorité des éleveurs proposeront un nid en béton cellulaire ou en ciment. Cependant, certains ont choisi avec succès une option plus naturelle : le terrarium.

 

HYGROMÉTRIE : environ 40 à 55 %.

DIAPAUSE : Une diapause à 15°C est fortement conseillée.

ALIMENTATION EN ÉLEVAGE : En élevage on nourrit cette espèce avec du pseudo-miellat (en variant régulièrement les recettes) et des insectes ou bouts de viandes crues. Elles sont omnivores et opportunistes.

FOREUSE ? : Cette espèce est foreuse.

FONDATION : Il faudra placer la gyne dans un tube à essai préparé pour la fondation. La première génération compte généralement cinq ou 6 ouvrières. Il faudra maintenir la gyne dans le plus grand calme à l’abri de la lumière et des vibrations. Dès l’arrivée des ouvrières, placez une ADC et nourrir régulièrement avec des liquides sucrés.

On compte environ 45 jours de l’oeuf à l’ouvrière pour les minors de première génération.

DÉTAILS À AJOUTER : Une espèce géniale et de grande taille qui par ses nombreuses qualités ravira plus d’un éleveur. Elle est indéniablement l’une des plus belle Camponotus de son continent et a séduit plusieurs générations d’éleveurs sans aucune difficulté !

DIFFICULTÉ D’ÉLEVAGE : Cette espèces semble plutôt facile d’élevage et peut tout à fait être une première espèce exotique.

Sources et crédits :

  • Antmaps
  • Antwiki
  • antweb
  • Instagram @myrmicants
  • Lebestiolarium
  • pixabay herbert2512, Kikatani et jomonkoikkara

FICHE RÉDIGÉE PAR :  ONE_ANTS avec le soutien photographique de Nathan-Myrmicants

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