Messor barbarus

Europe

1) CLASSIFICATION ET SIGNIFICATION :

FAMILLE : Formicidae 

SOUS FAMILLE : Myrmicinae 

TRIBU : Pheidolini 

GENRE : Messor

ESPÈCE : Messor barbarus

TAXONOMISTE ET ANNÉE DE DESCRIPTION : Carl Linnæus en 1767

NOMS VERNACULAIRES : On l’appelle la “fourmi moissonneuse”.  

SYNONYMES ET ANCIENS NOMS UTILISÉS : Myrmica rufitarsis, Formica megacephala, Formica juvenilis et Formica binodis sont les 4 anciens noms de Messor barbarus aujourd’hui. 

ÉTYMOLOGIE GENRE :Messor“, du latin “messis“, signifiant moisson.

ÉTYMOLOGIE ESPÈCE : barbarus“, vient du latin, qui signifie barbare, aux mœurs rudes.

2) MORPHOLOGIE ET IDENTIFICATION :

TAILLE GYNE : 14-16 MM

TAILLE MINOR : 3-6 MM

TAILLE MEDIA : 4-9 MM

TAILLE MAJORS : 10-12 MM

TAILLE MÂLES : 8-9 MM

MORPHISME : Fort polymorphisme au sein d’une colonie mature, composée d’ouvrières, de medias et de majors. Ces derniers sont reconnaissable à la taille de leurs têtes surdimensionnées, utile au décorticage des graines. Il peut y avoir de grandes variations de tailles pour chacune des castes citées ci-dessus.

FAISANT PARTIE D’UN GROUPE D’ESPÈCES CRYPTIQUES : Non, mais peut être confondu dans certains cas avec Messor capitatus

DESCRIPTION ET PARTICULARITÉS PHYSIQUES NOTABLES : Chez cette espèce méditerranéenne, le polymorphisme est bien présent avec une division en 3 castes ouvrières : Minor, Media et MajorCes individus sont majoritairement noirs avec une tête allant du noir au rouge bordeaux. Les ouvrières quant à elles sont noires sauf les Majors qui ont la tête plus ou moins rouge (mais plus rarement), les individus peuvent également avoir le gastre et les pattes rougesCette espèce ne possède pas de jabot social, elle ne pratique donc pas la trophalaxie. Chose étonnante, cette espèce peut faire des stridulations. C’est un crissement aigu dû au frottement d’un grattoir contre un plateau de fines crêtes parallèles situé sur le bord postérieur du postpétiole.  
Elles sont aussi capables de replier leur abdomen sous le thorax, posture assez fréquente chez le genre Messor.

3) BIOLOGIE :

DESCRIPTION DU BIOTOPE : Espèce méditerranéenne très présente dans son milieu, vivant dans un biotope ouvert et dans des zones arides composé de broussailles.

NIDIFICATION : Elle nidifie à même le sol dans des lieux dégagés et le nid peut faire quelques mètres de profondeur. Il est facilement repérable aux monticules de détritus (morceaux de graines, morceaux d’insectes et téguments) trônant devant l’entrée. Il peut y avoir plusieurs entrées au nid. 

DÉMOGRAPHIE : Pouvant atteindre plusieurs milliers d’individus, les colonies matures de Messor barbarus sont facilement repérable dû au fait qu’elles aménagent des pistes, ou autoroutes de fourmis, pour aller chercher de la nourriture jusqu’à plusieurs dizaines de mètres du nid.
Sur cette piste ne se trouve plus aucun obstacle, les ouvrières nettoyant le passage pour qu’il ne reste plus aucune herbe ni aucun petit caillou.  

PARTICULARITÉS COMPORTEMENTALES : Cette espèce est très dominante dans son milieu, la colonie exerce une forte pression et sont très agressives, les majors mordent fort malgré le fait qu’ils ne sont pas faits pour se battre mais plutôt pour l’exécution des travaux lourds. 

En automne et au printemps elles travaillent toute la journée mais avec un pic d’activité dans l’après-midi, alors que l’été elles travaillent plus le matin, le soir et très peu dans l’après-midi dû aux fortes chaleurs. Donc in Natura les températures optimales extérieures sont aux alentours de 25-30°C, et passé 46°C il n’y a plus aucune activité à l’extérieur du nid. 

Cette espèce utilise deux méthodes pour récolter les graines : 
Premièrement, si les graines sont dispersées les ouvrières vont adopter la stratégie de la récolte unique, c’est à dire que chaque graine trouvée va être ramenée au nid, sans grandes organisations entre les individus.
Et deuxièmement, si les graines sont concentrées en grande quantités elles se servent de signaux chimiques temporaires pour former des routes permanentes qui sont débarrassées des objets gênants, c’est le transport coopératif, elles font des chaînes de transport, parfois appelés « autoroute de fourmis ».

Les ouvrières ramènent les graines prêt de l’entrée du nid puis une autre prend le relais, ou dans le nid directement (mais sans distinction de castes).

Mais bien entendu la plus grande particularité de cette espèce est ses énormes réserves de graines qu’elle amasse en été afin de constituer des greniers. Ceux-ci sont gérés pour éviter la germination des graines et les moisissures.
Avec ces graines, elles fabriquent un « pain de fourmis » qu’elle confectionnent en les mastiquant jusqu’à en faire une pâte, qu’elles déposeront directement sur les larves pour les nourrir ; ou sera consommé par les membres de la colonie.

ALIMENTATION : Comme dit précédemment, elles sont essentiellement granivores. Elles récoltent toutes sortes de graines dans leur environnement et les entreposent dans le nid afin de les consommer ultérieurement.
Elles ne sont pas de bonnes chasseuses mais si l’occasion se présente elles consommeront volontiers de la viande.
Dans la nature, elles n’ont pas l’occasion de se nourrir de liquides sucrées, comme le font par exemple de nombreux genres de fourmis avec le miellat des pucerons. Ne pratiquant pas la trophallaxie, Messor barbarus n’a pas d’intérêt à se nourrir de liquides sucrées, cependant elles le consommeront si vous leurs en proposez dans vos élevages.

ESSAIMAGE : Les essaimages se font en automne, de début Septembre à fin Novembre avec un pic d’envol vers mi-Octobre. Les gynes font des allers-retours durant l’après-midi et une fois le moment venue elles s’envolent avec les mâles pour effectuer le vol nuptial.
Ces essaimages sont très massifs, à noter que certaines colonies ne produisent que des mâles et d’autres que des femelles.

GYNIE : Cette espèce est monogyne, lors de la fondation elle peut faire une pléometrose

FONDATION : La fondation est indépendante et claustrale. La gyne tiendra sur ses réserves jusqu’à l’arrivé des premières ouvrières qui iront chercher les premières graines. En général, la gyne commence à pondre après l’hiver, (pause hivernale) soit au printemps.  

CYCLE DE DÉVELOPPEMENT : Cette espèce est exogène hétérodynamique, sa diapause est déclenchée par les conditions extérieures.

4) RÉPARTITION :

Elle se situe sur le pourtour du bassin méditerranéen, principalement dans le sud du Portugal et de l’Espagne, mais également dans le sud de la France et au nord du Maghreb.

5) ÉLEVAGE :

TEMPÉRATURE DE MAINTIEN : Les températures d’élevage vont de 22 à 29°C, la température optimale d’élevage tourne autour de 25-29°C.

SET UP : Le nid devra avoir des profondeurs de salles suffisantes ( environ 1cm) afin de ne pas gêner le déplacement de la gyne ou des majors et offrir suffisamment de places pour la confection du pain. Il devra être solide car les Messor barbarus sont dites foreuses, elles ont la capacité à creuser les nids trop friables. A proscrire donc ceux en plâtre et nids en béton cellulaire. Vous pouvez toutefois utiliser ces matériaux mais ils devront être blindé avec quelque chose de plus solide, comme du plâtre résiné, mortier ou ciment.

HYGROMÉTRIE : 20 à 50%. 

DIAPAUSE : (durée, et température) : Idéalement, il est conseillé de les mettre en diapause 2 à 3 mois à 10°C (généralement de Décembre à Février sans compter les descentes et remontés progressive de température en Novembre et en Mars).

Cependant, il est possible de les laisser à température ambiante (18-20°C) durant 2 à 3 mois également mais en veillant tout de même à respecter une diapause. Elles ne doivent pas être chauffée, la quantité de nourriture distribuée doit être minime voir inexistante car elles se nourriront des réserves de graines faites dans l’année. Ce type de diapause restera tout de même déconseillé si vous prétendez à voir votre colonie grandir sur le très long terme.

ALIMENTATION EN ÉLEVAGE : Étant essentiellement granivores, vous devrez leurs fournir des graines comme base de l’alimentation. Elles devront être de petites tailles pour les jeunes colonies ne comportant que quelques ouvrières et de toutes tailles une fois les premiers médias/majors apparus dans la colonie. Il est conseillé de varier le plus possible les graines que vous proposerez à votre colonie, premièrement pour leur offrir une alimentation variée et équilibrée et secondement parce que chaque colonies à ses goûts, ses préférences, qui peuvent varier avec le temps.

Beaucoup de graines sont acceptés (quinoa, blé, lin, alpiste, niger, navette, avoine, chanvre, lin…), de ce fait, vous pouvez leur proposer par exemple des mélanges de graines pour canaris.

Vous pouvez aussi récolter quelques graines dans la nature, comme les graines de pissenlits qui sont très appréciés. Veillez toutefois à bien choisir l’emplacement de vos récoltes, en évitant par exemple les bords de routes fréquentés, les villes ou d’autres environnements potentiellement pollués.

Il est important aussi de leur apporter régulièrement quelques sources de protéines avec un insecte ou de la viande crûe, préalablement congelé quelques jours si vous souhaitez éviter tout risque de contamination par des parasites ou fraichement tué si vous préférez privilégier la valeur nutritive et gustative de l’aliment.

Bien que cela soit sujet à débat, nous vous suggérons également de proposer occasionnellement des liquides sucrés car, s’ils n’apportent pas d’avantages dans le développement du couvain, ils sont un met très apprécié des imagos et ne pourront donc qu’être source d’enrichissement nutritif.

FOREUSE ? : Oui, les Messor creusent aisément les matériaux trop fragile même si la place ne manque pas.

FONDATION : Pendant la fondation, l’élevage se fera en tube jusqu’à ce que le tube soit plein (une 50aine d’ouvrières en général, voir plus). La fondation est claustrale, relier le tube à une aire de chasse à l’arrivé des premières ouvrières. Pour le développement, à la fin de la première année on peut compter entre 50 et 100 ouvrières, puis à la fin de la deuxième année c’est exponentiel, on peut arriver jusqu’à plus de 1000 ouvrières en 3 ans.

DÉTAILS À AJOUTER : Espèce active toute l’année sauf lors de la pause hivernale/diapause.

DIFFICULTÉ D’ÉLEVAGE : Très facile. En effet, c’est l’une des deux espèces que l’on recommande le plus pour les débutants (la seconde étant Lasius niger), pour sa capacité à mieux encaisser les erreurs de débutant et sa facilité d’élevage. 

Fiche rédigée par : Yacci et AntsChef

Source et crédits :
-https://www.antwiki.org/wiki/Messor_barbarus 
-https://antmaps.org/?mode=species&species=Messor.barbarus
-https://fr.wikipedia.org/wiki/Messor_barbarus
-Livre : La fourmi moissonneuse Messor barbarus Biologie et Soins. 
-l’expérience de nos éleveurs ;
-Photo principale : @myrmicants
-Photo d’entré du nid et photo du biotope : photo de ant/avenue
-https://www.antforum.nl/viewtopic.php?f=74&t=7643
-http://photos.fourmis.free.fr/media/198/male_messor_barbarus.jpg 
-Photo d’@AntsChef
-http://enriquesacanell.blogspot.com/2014/03/lo-que-las-hormigas-nos-ensenan-para-la.html
-https://www.flickr.com/photos/fturmog/1225215948/

Laisser un commentaire