Camponotus ligniperdus

Europe

1) CLASSIFICATION ET SIGNIFICATION :

FAMILLE : Formicidae

SOUS FAMILLE : Formicinae

TRIBU : Camponotini

GENRE : Camponotus

ESPÈCE : Camponotus ligniperdus

TAXONOMISTE ET ANNÉE DE DESCRIPTION : Pierre-André Latreille en 1802.

NOMS VERNACULAIRESCamponotus ligniperdus, ainsi que C. vagus et C. herculeanus, sont appelées « fourmi charpentière ».

SYNONYMES ET ANCIENS NOMS UTILISÉSFormica herculeana puis Camponotus herculeanus (en 1793, les deux espèces n’étaient pas dissociées).

À l’heure actuelle, on la rencontre également sous le nom de Camponotus ligniperda, selon le référentiel taxonomique utilisé.

Étymologie genre : “Campo” est une racine du grec “kampé”, signifiant “courbé” et “notus” une racine latine signifiant “dos“

Étymologie espèce : « ligniperda » est composé de deux racines latines « Lignum » signifiant bois et « perdo », signifiant « ruiner/gâcher/détruire ». Ce nom fait référence aux bois de charpentes et aux meubles dans lesquels elle apprécie nidifier si ceux-ci ne sont pas traiter.

2) MORPHOLOGIE ET IDENTIFICATION :

TAILLE GYNE : 17-18 MM

TAILLE OUVRIÈRES : 7-14 MM

TAILLE MAJORS : 14-17 MM

TAILLE MÂLES : 8-10 MM

MORPHISME : Cette espèce est fortement polymorphe, avec des individus parfois 2 fois plus gros que d’autres au sein d’une même colonie.

FAISANT PARTIE D’UN GROUPE D’ESPÈCES CRYPTIQUES : Non. Cette espèce se distingue aisément de toutes les autres Camponotus. Seul bémol avec Camponotus herculeanus où une confusion est possible dans certains cas.

DESCRIPTION : Camponotus ligniperdus est une très grande espèce de Camponotus européenne de couleur noir brillant, à l’avant du gastre et au thorax rouge. Elle possède 3 castes d’ouvrières (major, média, minor). Les majors sont très imposants, mesurant presque la taille de la gyne et possédant de très puissantes mandibules. D’après les observations, les médias serviraient principalement de « pots de miel » et s’occuperaient de déplacer le couvain. La pilosité peut être importante.

PARTICULARITÉS PHYSIQUES NOTABLES : Camponotus ligniperdus est la seconde plus grande espèce d’Europe, juste derrière Camponotus sanctus en Grèce. Elle est également la plus grande espèce de France métropolitaine. Les majors sont gargantuesques comparés aux autres espèces de la faune européenne. Les gynes peuvent parfois avoir d’énormes physogastries leur faisant atteindre 24 mm, principalement en période de gestation pré-fondatrice.

3) BIOLOGIE :

DESCRIPTION DU BIOTOPE : Camponotus ligniperdus est une espèce typique des zones naturelles des climats tempérés et montagnards. Son biotope le plus fréquent est la lisière de forêt, si possible à flanc de montagne ou de colline. En Europe du sud sa répartition est limitée à la haute montagne sous les forêts de feuillus. En altitude on l’observe jusqu’à 2 400 mètres (selon les observations de nos membres dans le Vercors et en Haute Savoie). Cette espèce affectionne les milieux boisés légèrement rocailleux, propices à son développement.

NIDIFICATION :  Les nids sont parfois dans les troncs d’arbres en décomposition au sol, secs ou humides, cependant beaucoup de nid sont creusés à même le sol. En montagne on l’observe également sous les pierres exposées au soleil.

DÉMOGRAPHIE : 10 000 individus, bien que ce genre de colonies ne soit que très rarement observé.

PARTICULARITÉS COMPORTEMENTALES : Bien que les petites colonies se fassent très discrètes, cette espèce est très dominante dans son milieu. Les grosses colonies exercent une forte pression et sont très agressives, rivalisant avec les Formica sstr. et Manica rubida. Elles sont capables de se défendre en déposant des gouttes d’acide formique sur leur proie/agresseur. Chez cette espèce, on observe un nombre important de rapports trophiques (trophallaxies). Les travailleurs peuvent être observés très loin de leur nid (plus de 20 mètres).

ALIMENTATION : Dans la nature cette espèce se nourrit principalement de miellat et de nectar provenant des pucerons qu’elle élève et des plantes grasses présentes dans son écosystème. Cette espèce est également frugivore, charognarde et se nourrira donc d’insectes ou plus rarement de viandes. C’est donc une espèce omnivore et plutôt opportuniste, bien qu’en captivité certaines colonies puissent devenir difficiles avec le temps. En captivité on nourrira cette espèce avec des liquides sucrés à base de miel, de lait, de sucre roux ou tout autre mélange, de quelques fruits BIO et d’insectes vivants (adapter les proies à la colonie), fraîchement tués ou congelés.

ESSAIMAGE : Les essaimages se font de mai à juillet, bien qu’en haute montagne des essaimages jusqu’en fin août puissent être observés.

GYNIE : Cette espèce est strictement monogyne et ne pratique ni l’oligogynie, ni la pléométrose.

FONDATION : La fondation est indépendante et claustrale. La gyne ne sort pas de sa loge et nourrit ses larves avec ses réserves jusqu’à l’arrivée des premières ouvrières.

CYCLE DE DÉVELOPPEMENT : Le cycle de Camponotus ligniperdus est endogène hétérodynamique, la diapause est déclenchée par l’horloge biologique de l’animal indépendamment des conditions extérieures.

4) RÉPARTITION :

Camponotus ligniperdus est une espèce typique d’Europe centrale et nordique. Elle s’observe également en Russie et en Corée. Sa présence a souvent été théorisée en Mongolie, en Chine, au Japon, au Canada et en Inde, mais ces identifications étaient en fait des erreurs (principalement avec Camponotus herculeanus, une espèce similaire, légèrement moins massive et beaucoup plus largement répartie).

5) ÉLEVAGE :

TEMPÉRATURE DE MAINTIEN : 23 à 28 °C. cette espèce est thermophile, la température influencera le temps de développement du couvain. D’environ un mois pour une ouvrière minor à la température idéale, il pourra aller jusqu’à deux mois et demi pour les majors. La nymphose se fait dans un cocon, les nymphes nues sont un signe d’hygrométrie trop importante, ils donneront généralement des imagos handicapés ou ne donneront rien et seront mis au dépotoir.

SET UP : En élevage, on privilégiera le tube (18mm ou 20mm) pour la fondation, puis la majorité des éleveurs proposeront un nid en béton cellulaire ou en ciment. Cependant, certains ont choisi avec succès une option plus naturelle : le terrarium.

HYGROMÉTRIE : 20 à 50 %.

DIAPAUSE : Chez Camponotus ligniperdus les larves hivernent avec la colonie. Elles stoppent leur croissance au deuxième ou au troisième stade larvaire et prennent une coloration jaunâtre due à une augmentation du taux de glycérol dans leur hémolymphe pour mieux résister au froid. Tous ces paramètres sont des signes qu’une vernalisation (période de mise au froid) est sur le point de commencer.

La diapause est longue et rigoureuse. Naturellement les colonies et gynes seules se mettront en pré-diapause en début septembre. La diapause commencera en octobre et se terminera en avril. Sa durée peut légèrement varier en fonction des provenances des gynes mais elle dure généralement 6 mois. Cette dynamique est cruciale pour la survie de la colonie, une absence d’exposition aux températures fraîches la dérèglera complètement, pouvant entraîner son déclin, voir sa mort à moyen terme.

ALIMENTATION EN ÉLEVAGE : En élevage on nourrit cette espèce avec du pseudo-miellat (en variant régulièrement les recettes) et des insectes ou bouts de viandes crûes. Elles sont omnivores et opportunistes.

FOREUSE ? : Oui, si la colonie manque de place elles se mettront à creuser.

FONDATION : Il faudra placer la gyne dans un tube à essai préparé pour la fondation. La première génération compte généralement cinq ou six ouvrières. Comme pour beaucoup de Camponotus françaises, la fondation est longue et difficile. Il faudra maintenir la gyne dans le plus grand calme à l’abri de la lumière et des vibrations. Dès l’arrivée des ouvrières, ajouter une ADC et nourrir régulièrement avec des liquides sucrés.

DÉTAILS À AJOUTER : Une espèce géniale et de grande taille qui par ses nombreuses qualités ravira plus d’un éleveur. On peut le dire, Camponotus ligniperdus n’a pas démérité sa place de best-seller français de la Camponotus. Elle découragera cependant bon nombre d’éleveurs à cause de sa diapause et de son cycle de développement long et contraignant. A noter que l’espèce est très sensible aux acariens suceurs d’hémolymphe en comparaison avec les autres Camponotus européennes.

DIFFICULTÉ D’ÉLEVAGE :

Cette espèce, bien que très souvent conseillée aux éleveurs connaissant un peu les fourmis et souhaitant se lancer dans des fourmis aux conditions plus rigoureuses, requière deux qualités importantes : la rigueur et la patience. Sa longue diapause et son développement extrêmement lent les premières années sont deux facteurs à prendre en compte pour les éleveurs souhaitant élever Camponotus ligniperdus.

Sources et crédits :

  • Antbase.net
  • Antmaps
  • Antwiki
  • Antarea
  • Instagram @myrmicant et @one_ants
  • Blog de @antschef
  • Lebestiolarium
  • Observations in natura de One_ants

FICHE RÉDIGÉE PAR : DRACOSTYLE ET ONE_ANTS

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