Meranoplus bicolor

Asie

1) Classification et Signification :

FAMILLE : Formicidae

SOUS-FAMILLE : Myrmicinae

TRIBU : Crematogastrini

GENRE : Meranoplus

ESPÈCE : Meranoplus bicolor 

TAXONOMISTE ET ANNÉE DE DESCRIPTION : Guérin-Méneville, 1844 (sous le nom de Cryptocerus bicolor)

NOMS VERNACULAIRES : Shield ant (anglais)

SYNONYMES ET ANCIENS NOMS UTILISÉS: Aucun synonyme n’est actuellement encore utilisé.

ÉTYMOLOGIE GENRE : Meros, « cuisse » + Hoplon, « arme », soit « cuisses armées » (étymologie incertaine)

ÉTYMOLOGIE ESPÈCE : Du latin bicolor, « deux couleurs ».

2) Morphologie et Identification :

Taille gyne : 8 mm
Taille ouvrières : 3-5 mm
Taille majors : Absents.
Taille mâles : 5 mm   

MORPHISME : Monomorphe, même si l’on peut observer une légère différence de taille entre les ouvrières d’une même colonie.

FAISANT PARTIE D’UN GROUPE D’ESPÈCE CRYPTIQUE : Non ; cette espèce est facilement reconnaissable des autres Meranoplus.

DESCRIPTIONS ET PARTICULARITÉS PHYSIQUES : Le genre Meranoplus se caractérise par un corps trapu et une pilosité exceptionnellement dense ; l’espèce est reconnaissable par ses longues épines propodéales et son pétiole formant un triangle équilatéral, mais son aspect unique suffit généralement à la reconnaître sur le terrain. Son gastre est vaguement en forme de cœur, caractéristique qu’elle partage avec les Crematogaster, dont elle est la proche cousine. 

3) Biologie :

DESCRIPTION DU BIOTOPE : Meranoplus bicolor se rencontre dans les lieux ouverts, comme les prairies ou les forêts clairsemées. À noter qu’on peut souvent les retrouver à proximité des routes, où elles profitent des nombreux cadavres d’insectes.

Exemple de biotope :

NIDIFICATION : Les nids sont toujours terricoles et monodomiques.

Exemple de nid in-natura :

DÉMOGRAPHIE: Les colonies de Meranoplus bicolor ne comportent généralement que quelques centaines d’individus.

PARTICULARITÉS COMPORTEMENTALES : Cette espèce présente un comportement pacifiste exceptionnel ; en effet, au lieu de riposter comme le ferait la plupart des fourmis, les ouvrières se roulent simplement en boule en feignant la mort si l’on s’intéresse à elles. Cette stratégie, doublée de leur épaisse barrière de poils et de leur corps carapaçonné, forme une protection efficace contre les agressions. Leur démarche est très lente et paisible, les colonies sont de petite taille, et les ouvrières sécrètent des phéromones repoussant les autres fourmis : toutes ces stratégies pacifistes leur permettent de cohabiter sans conflit avec les espèces les plus agressives dans leur milieu naturel. 

ALIMENTATION : Dans la nature, cette espèce se nourrit principalement de diverses substances végétales sucrées et de cadavres d’insectes ; elle est assez opportuniste. Les recrutements sont importants et efficaces en regard de la taille des colonies.

ESSAIMAGE : Les essaimages se font aux périodes pluvieuses de l’année, selon les régions et le climat. Bien que l’on puisse couramment assister à des essaimages « classiques » où les gynes et mâles s’accouplent en vol à faible altitude, on peut parfois observer une autre stratégie de propagation : l’accouplement et le désailement des gynes se fait alors au sein même du nid, avant qu’elles ne se dispersent pour chercher un endroit où fonder.

GYNIE : Cette espèce est strictement monogyne.

FONDATION : Claustrale. Après l’essaimage, les gynes creusent une loge dans la terre et ne se nourrissent pas jusqu’à l’arrivée des premières ouvrières.

CYCLE DE DÉVELOPPEMENT : en tant qu’espèce tropicale, Meranoplus bicolor est homodynamique : elle ne fait donc pas de diapause, et se développe tout au long de l’année.

4) Répartition :

L’espèce est largement répartie en Asie tropicale, où elle est la plus commune représentante du genre.

5) Élevage :

TEMPÉRATURE DE MAINTIEN : 23-28°C

SET UP : Après une fondation classique en tube à essai, l’espèce s’adapte bien à la plupart des installations, bien que les nids en plexiglas doivent être évités à cause de l’électricité statique qu’ils peuvent générer. Elles se plaisent particulièrement dans les terrariums humides.

HYGROMÉTRIE : Entre 30 % et 80 % de la surface du nid doit être humidifiée ; ces fourmis ne sont pas regardantes sur ce paramètre.

ALIMENTATION EN ÉLEVAGE : Elles ne sont pas difficiles sur la nourriture, et accepteront tout type de substances sucrées (eau sucrée et autres pseudo-miellats, beetle jelly, fruits…), et d’insectes morts avec, semble-t-il, une préférence pour les blattes. Elles sont incapables de chasser, et ne toucheront donc pas aux insectes vivants, même pour de grandes colonies.

FOREUSE ? : Non.

FONDATION : Indépendante et claustrale ; les gynes n’ont donc pas besoin de nourriture pour fonder. Le développement est rapide, de l’ordre du mois et demi de la ponte à l’ouvrière adulte.

DÉTAILS À AJOUTER : Leur comportement unique et leur aspect original sont des plus intéressants à l’observation, néanmoins leur extrême lenteur de mouvements peut ennuyer l’amateur d’espèces vives et agressives.

Cette espèce n’entre jamais en conflit avec les colonies voisines in natura ; c’est pourquoi elle est idéale pour une aire de chasse partagée ou un terrarium communautaire, même avec la plus dangereuse des ponérines. 

DIFFICULTÉ D’ÉLEVAGE : Facile. Elles sont plutôt robustes, et tolèrent une large gamme de conditions d’élevage ; c’est donc une espèce parfaite pour se familiariser avec les exotiques.

Source et crédits:

-https://www.antwiki.org/wiki/Meranoplus_bicolor#Biology;

-https://www.gamergate.com.au/features/2017/7/19/meranoplus-the-shield-ant;

-Photo de Gerhardt kalytta;

-et l’expérience de nos éleveurs;

Fiche rédigée par : Claviger

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