Paraponera clavata

Amérique du Sud

1) CLASSIFICATION ET SIGNIFICATION :

FAMILLE : Formicidae

SOUS-FAMILLE : Paraponerinae

TRIBU : Paraponerini

GENRE : Paraponera

ESPÈCE : Paraponera clavata

TAXONOMISTE ET ANNÉE DE DESCRIPTION : Johan Christian Fabricius, 1775, (sous le nom de Formica clavata )

NOMS VERNACULAIRES : “Bullet ants” (Anglais), “la fourmis 24 heures”

SYNONYMES ET ANCIENS NOMS UTILISÉS : “Paraponera aculeata”, “Paraponera tarsalis”

ÉTYMOLOGIE GENRE : “Paraponera”, se traduit par “Ponera” qui signifie laborieux, misérable.

ÉTYMOLOGIE ESPÈCE : “clavata”, se traduit par “gourdin”, “massue” ; en rapport avec la forme générale de cette espèce.

2) MORPHOLOGIE ET IDENTIFICATION :

TAILLE GYNE : 25-30 mm
TAILLE OUVRIÈRES : 20 – 25mm
TAILLE MAJORS : ABSENTS
TAILLE MÂLES : 15mm environ

MORPHISME : Ne présente pas de polymorphisme, cette espèce est monomorphe même si l’on peut observer une légère différence de taille entre les ouvrières d’une même colonie.

FAISANT PARTIE D’UN GROUPE D’ESPÈCE CRYPTIQUE : Non, cette espèce est la seule vivante actuelle de sa sous-famille.

DESCRIPTION ET PARTICULARITÉS PHYSIQUES : L’espèce Paraponera clavata se caractérise par sa grande taille, ses scrobes antennaires bien visibles et son pétiole qui possède une forme unique. Les extrémités des pattes sont dorées. Paraponera clavata est comparable à une grosse guêpe noire rougeâtre et sans aile.

3) BIOLOGIE :

DESCRIPTION DU BIOTOPE : Paraponera clavata se rencontre dans les forêts tropicales, le plus souvent à la base des arbres.

Exemple de biotope type:

NIDIFICATION : Cette espèce nidifie généralement à la base des arbres, entre les racines. En revanche il arrive que certaines colonies établissent des nids arboricoles.

à gauche un nid de Paraponera ; à droite une entrée typique de nid :

DÉMOGRAPHIE : Les colonies de Paraponera clavata peuvent se montrer très populeuses jusqu’à plus de 2500 ouvrières.

PARTICULARITÉS COMPORTEMENTALES : La piqûre de la Paraponera clavata est actuellement la plus douloureuse/élevée selon l’échelle de Schmidt à +4.0 t. Contrairement à ce que l’on penserait cette espèce est passive tant qu’elle n’est pas stressée. Elles n’utilisent leurs piqûres qu’en cas d’extrême nécessité vu que la production du venin prend beaucoup de temps et d’énergie, elles le gardent donc précieusement. Quand le nid est dérangé, elles stridulent. Paraponera clavata est aussi une espèce nocturne.

ALIMENTATION : Dans la nature, cette espèce se nourrit principalement avec des gouttes de nectar issues des nectaires extrafloraux (par exemple de Pentaclethra macroloba et d’autres plantes) qu’elles rapportent entre leurs mandibules au nid. Elles chassent également des insectes.

ESSAIMAGE : Les essaimages se font aux périodes pluvieuses de l’année, selon les régions et le climat.

GYNIE : Cette espèce est monogyne.

FONDATION : semi-claustrale. Les gynes creusent une loge dans la terre très souvent sous la base d’un arbre.

CYCLE DE DÉVELOPPEMENT : En tant qu’espèce tropicale, Paraponera clavata est homodynamique : elle ne fait donc pas de diapause, et se développe tout au long de l’année.

4) RÉPARTITION :

L’espèce s’étend dans toute l’Amérique centrale et du Sud, généralement trouvée dans le royaume néotropical.

5) ÉLEVAGE :

TEMPÉRATURE DE MAINTIEN : Pour cette espèce il faudra réaliser un gradient thermique. Un maintien à 25°C au point chaud et un point froid à 22°C sera optimal.

FONDATION : Fondation Indépendante, en pléométrose et semi-claustrale. Il faudra donc nourrir lors de la fondation. Le développement est très long, environ 4/6 mois de la ponte à l’ouvrière adulte. Il faudra beaucoup de patience pour réussir à faire fonder cette espèce ! Il arrive régulièrement que les gynes de la pléométrose ne nourrissent pas leurs larves, cela est dû à une eusocialité particulière chez Paraponera. Dans ce cas, une fondation “naturelle” sera impossible. Cependant une méthode a été mise au point pour pallier à ce problème. Cette méthode consiste à prendre en charge les larves pour leur permettre de grandir même si leur génitrice ne s’en occupe que très peu. Ainsi, il faudra nourrir soi-même les larves en déposant directement un morceau d’insecte fraîchement tué, découpé pour que la larve puisse se nourrir dessus. Cette opération devra être réalisée TOUS les jours, 2 à 3 fois par jour.

Quelques heures après nourrissage il faudra également retirer les restes alimentaires avant qu’ils ne pourrissent. Paraponera clavata est une espèce très sale.

Lorsque la larve commencera à bouger, tourner sur elle-même et débutera son tissage, il faudra également déposer quelques petits morceaux de substrat pour l’aider à tisser.


Enfin, si au bout de 55/60 jours les cocons ne sont pas ouverts, il sera conseillé de dérouler le cocon sur un petit morceau de scotch afin d’en extraire l’imago.

SET UP : –Pour une gyne seule ou une pléométrose sans ouvrière, nous conseillons une petite boîte en plastique avec un fond de substrat mais d’une couche assez mince pour qu’elle ne la creuse pas. Les nids en béton cellulaire avec substrat, les simples tubes avec substrat + aire de chasse, et les petite cuves fonctionnent bien aussi. Ne négligez surtout pas la microfaune qui sera un point essentiel dans le nettoyage du terrarium et la prévention des acariens.

Conseil : En raison des difficultés énumérées précédemment à la fondation, nous vous conseillons de faire un nid-terrarium dans lequel vous aurez accès aux pièces de vie de la colonie (vitre soulevable par exemple).

-Pour une colonie : nous recommandons de faire un terrarium tropical planté d’une bonne taille et d’y mettre un tronc/arbuste pour qu’elles puissent faire leurs nids entre les racines, soit à la base du tronc comme elles le font dans leur milieu naturel. Les terrariums basiquement plantés, ou nid en béton cellulaire, etc. fonctionnent aussi, mais le meilleur reste de se rapprocher au maximum des conditions naturelles.

Selon certaines observations, ajouter quelques morceaux de feuilles mortes à la surface du sol pourrait être un plus car elles permettraient une meilleure digestion chez les larves qui en consommeraient occasionnellement.

Paraponera clavata grimpe au surface lisse et passe les barrières anti-évasives !

Exemple d’installation pour une fondation :

HYGROMÉTRIE : Entre 40 – 60%, réaliser un gradient hygrométrique peut être une bonne idée.

ALIMENTATION EN ÉLEVAGE : Pour ce qui est de la nourriture, elles prennent des insectes fraîchement tués, avec une préférence pour les grillons, chenilles et les blattes “Red Runner”, elles accepteront tout type de substances sucrées (eau sucrée et autres pseudo-miellats, beetle jelly, ect.) avec encore une fois une préférence pour le sucre roux+eau.

FOREUSE ? : Non.

DÉTAILS À AJOUTER : Dans la nature la nuit, elles sortent fourrager et montent sur la cime de l’arbre pour récolter le miellat (probablement). Au niveau de l’entrée du nid, cette espèce fait une collerette de 2 cm ouverte tout autour du tronc.
Des cohabitations avec des Pseudomyrmex, Gigantiops, Cephalotes, et autres peuvent être réaliser facilement. Etant donné la taille des Paraponera clavata, elles les ignorent. Fait intéressant, dans les zones forestières que Paraponera clavata a colonisé, on note une raréfaction voire une absence de Pachycondyla crassinoda, striata et impressa. Ces trois espèces de grandes Ponerinae rentreraient directement en concurrence pour la nourriture et la dominance au point de créer des conflits directs avec Paraponera clavata quand des colonies matures prétendent au même territoire.

DIFFICULTÉ D’ÉLEVAGE : Très difficile, cette espèce nécessite de gros investissements financiers, et mis à part cela la fondation est très difficile. En effet, elle finit sur un échec dans 90 % des cas. Nous déconseillons donc de se procurer une gyne seule. Le meilleur reste de prendre une fondation en pléométrose de 3/4 gynes ou directement une fondation/colonie avec les premières ouvrières. La fondation est aussi très lente : environ 6 mois. A la moindre erreur sur l’humidité (par exemple) des mois de développement peuvent être perdus. Elles nécessitent aussi un élevage nourricier conséquent lorsque la colonie devient populeuse, et de la place pour l’installation. Il faudra en effet une bonne installation pour éviter toute évasion et réunir les conditions de maintiens optimales.
Si la fondation est un échec, un boost pourrait être une solution de secours pour ne pas perdre la gyne.

Source et crédits:

-https://antwiki.org/wiki/Paraponera_clavata

-https://www.antstore.net/shop/de/Ameisen/Ameisen-aus

-Amerika/Paraponera-clavata.html

-https://www.exotic-ants.de/unser-angebot/ameisenkolonien/ponerinae/

-https://fr.wikipedia.org/wiki/Paraponera

-et l’expérience de nos éleveurs;

Crédits photo:

Steven Winn Alexande – vue nid globale;
Giorgia Mocilni – entrée du nid;
Alex wild – l’ouvrière;
Piotr Naskrecki – le mâle;
ants natural – les biotopes;
photographe inconnu – la gyne;
Fiche rédigée par : Saber et Florian B
 

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