Le Calendrier de Noel !

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Pour cette fin d’année, l’équipe Antariums vous propose un calendrier de l’Avent, une manière de vous faire découvrir 25 anecdotes incroyables sur les fourmis. Chaque jour, une nouvelle anecdote apparaitra sur ce calendrier et qui sait… peut-être que Noël vous réserve une belle surprise !
Merci à tous ceux qui nous ont soutenus cette année, en espérant que ce projet vous plaira !



Pour cette première journée, nous avons choisi de vous présenter une petite espèce vivant en Afrique équatoriale ainsi qu’à Madagascar.
Le genre Melissotarsus fait parti des Myrmicinae, les colonies sont de grande taille, pouvant parfois dépasser les 1.5 millions d’individus, les ouvrières sont par conséquent de très petite taille : 1 à 2 mm de long, seules 4 espèces ont été décrites.
Ce genre est connu pour avoir des moeurs uniques !
En effet, Melissotarsus est complètement aveugle, elle vit en symbiose avec une espèce de cochenille à l’intérieur des arbres vivants (le plus souvent des mangiers et des Burseraceae) où elle vit en autosuffisance. On ne la voit jamais fourrager à l’extérieur, Melissotarsus est si bien adaptée à cette vie dans le bois vivant qu’il est devenu impossible pour elle de vivre à l’extérieur. Sa morphologie s’est adaptée durant des milliers d’années d’évolution pour optimiser la vie en galeries étroites verticales. Ainsi, Melissotarsus a des pattes médianes et postérieures spécialisées pour se caler contre les murs et des pattes antérieures plus hautes que sa tête afin d’avoir un espace dégagé pour ses mandibules, cela dans le but de ronger le bois le plus rapidement possible.
Contrairement à d’autres associations symbiotiques entre les fourmis et les cochenilles, le miellat n’est pas la monnaie d’échange pour Melissotarsus. En effet, les cochenilles qu’elles élèvent ne produisent pas de miellat. Les cochenilles se nourrissent en réalité du tissu méristématique sous-jacent de la plante (zone composée de cellules molles et indifférenciées par laquelle un végétal grandit). Les fourmis leur fournissent ainsi un abri et un accès à la nourriture, en contrepartie les Melissotarsus peuvent consommer la cire que les cochenilles utilisent normalement pour construire leur propre abri. Ces sécrétions, ainsi que les exuvies et les excrétions anales, peuvent fournir un éventail adéquat de nutriments aux fourmis car elles sont riches en glucides et en protéines.
Les ouvrières adultes chez Melissotarsus peuvent également produire de la soie avec leur tête afin de consolider les galeries qu’elles créent, fragilisant le bois.


 

Merci d’avoir lu ce format court et …. À demain !

Pour aller plus loin :

 

Pour cette seconde journée, nous avons choisi de vous présenter la fourmi électrique, une espèce extrêmement invasive ayant eu de nombreux impacts sur la biodiversité à l’échelle mondiale ainsi que sur l’évolution humaine.
De son nom scientifique Wasmannia auropunctata, la fourmi électrique est connue pour être la fourmi la plus invasive jamais décrite. L’espèce est microscopique entre 0.9 et 1.3mm, jaune pale, extrêmement polygyne et elle possède un aiguillon très douloureux. Son comportement est extrêmement agressif, l’espèce pique aisément et son venin a un fort potentiel allergène. Sa plus grande force est sa démographie qui est exponentielle, Wasmannia auropunctata forme des supercolonies, sa démographie est assurée par sa capacité a pratiquer les essaimages intra-nidaux consanguins pour produire un maximum d’individus en un minimum de temps mais dont l’espérance de vie est cependant très courte. Chez Wasmannia, l’individu n’est rien seul, si elles sont isolées les ouvrières meurent en quelques heures, de la même manière elles n’hésitent pas à se sacrifier pour que la colonie persiste.
Wasmannia auropunctata est omnivore, ses besoins alimentaires sont démentiels. Pour y répondre, elle doit adopter un comportement nomade et ravageur, c’est à dire que les colonies nichent dans n’importe quel type de cachette le temps de s’accaparer toutes les ressources du milieu avant de déménager vers une autre niche. 
Bien qu’elle soit originaire d’Amérique du Sud, l’espèce est maintenant cosmopolite au vu de son potentiel invasif, ses migrations auraient débutés au XVII ième siècle par bateau. Elle est connue pour causer de nombreux dégâts sur les écosystèmes comme sur les installations humaines et agricoles. Chaque année, ses dégâts sont estimés à plus de 20 milliards d’euros dans le monde. 
De la même manière il semblerait que des allèles augmentant la quantité de protéines tannées (protéines durcissantes), auraient émargé chez les populations indigènes en contactes avec Wasmannia, cela afin de les protéger des piqûres. 
Wasmannia est aussi connue pour consommer d’autres espèces de fourmis, un cas célèbre est bien entendu celui de Myrmecia apicalis, seule Myrmecia non-endémique d’Australie et également première espèce de fourmi dont le statut de conservation est critique et incertain… Mais ça, c’est une autre histoire ! 🙂

Aujourd’hui, nous avons choisi de vous présenter une espèce de Polyrhachis aux comportements très singuliers : Polyrhachis solokova !
Polyrhachis sokolova est une  espèce de Formicinae découverte en 1902 par l’italien August Forel. Elle se rencontre de Bali jusqu’aux côtes de la Nouvelle Irlande ainsi que sur la côte Nord de la zone tropicale Australienne.
Cette espèce d’environ 8mm est à première vue assez classique, elle est noire mate et ne possède pas des épines démesurés comme pourraient en bénéficier certaines espèces emblématiques du genre. En revanche elle possède une capacité assez rare chez les fourmis qui est de nager !
Contrairement aux fourmis de feu (Solenopsis sp) qui font des radeaux flottant grâce à la tension des membres (pattes et antennes) de milliers d’individus, les ouvrières de cette espèces nagent seules en faisant une sorte de crawl avec leurs pattes avant. Cette nage permet à Polyrhachis solokova de se déplacer à grande vitesse, en effet, Polyrhachis solokova se déplace environ 3 fois plus vite sur l’eau que sur la terre ferme.
Par ailleurs, l’espèce fabrique ses nids à la base des arbres dans les mangroves. C’est une des seules espèces à vivre en zone de balancement des marées, leurs nids se retrouvent donc sous l’eau à marrée haute d’où cette faculté de nager. L’entrée du nid présente des motifs faits de façon à créer une tension superficielle suffisante pour empêcher l’eau de pénétrer à marrée haute.
Elles résistent donc bien au sel alors que celui-ci est toxique pour beaucoup d’insectes et ont une activité aussi bien diurne que nocturne. L’espèce possède également un régime alimentaire adapté à son milieu puisqu’elle s’attaquer aux insectes autant qu’aux crabes ou poissons rejetés par la mer.

Pour aller plus loin :

Pour cette quatrième journée du mois de décembre, nous avons choisi de vous présenter un scientifique du XIX ième siècle et auteur majeur dans la littérature myrmécologique : Auguste Forel.

Auguste Forel est un entomologiste Suisse né le premier septembre 1848 dans la ville de Morges (bourgade à proximité du Lac Leman) au sein d’une famille de confession protestante. Forel débute ses études généralistes à Lausanne, il poursuit ensuite en médecine à la faculté de Zurich avant de partir à Vienne pour rédiger une thèse sur le cerveau.
Cependant, Forel prend assez tard conscience que ces études ne lui plaisent pas, son intérêt se porte en réalité sur la myrmécologie, il est passionné par les fourmis. 
Il commence donc à étudier ces insectes à l’époque si peu étudiés, il jette tout d’abord son dévolue sur Solenopsis fugax et envoie ses travaux au célèbre Charles Darwin. Ce dernier porta alors une grande attention sur ses recherches et reconnaitra les découvertes d’Auguste Forel. L’on peut alors qualifier Forel de “premier myrmécologue de l’histoire”.

Ses sujets d’études sont assez vastes : la compréhension du comportement et des habitudes alimentaires, la taxonomie (description et classification des espèces), la biologie, l’anatomie etc…
Divers témoignages rapportent aussi que Forel avait mis au point une méthode de fondation consistant à placer une gyne dans une verrerie de fin diamètre avec de la terre et de l’eau pour voir apparaitre une première génération d’ouvrières. L’on peut donc qualifier Forel de “premier éleveur de fourmis au monde”. 

Malheureusement, la guerre de Prusse ainsi que des soucis financiers le pousseront à cesser son activité à titre professionnel pour retourner en médecine à un poste de chirurgien en psychiatrie. Il sera par ailleurs le premier à effectuer des coupes de cerveaux entier et à supposer l’existence des neurones. Bien que fermement critiqué pour son idéologie eugéniste et impérialiste sur sa fin de carrière, il initiera également l’hypnose, la stérilisation chimique, la sexologie féminine et la lutte contre l’alcoolisme. Forel a continué à étudier les fourmis jusqu’à sa mort, le 27 juillet 1931 à Yvorne en Suisse à l’âge de 82 ans.

Aujourd’hui encore, Forel est l’un des myrmécologues les plus influents de l’histoire, il figure parmi les 5 myrmécologues les plus cités dans la littérature scientifique et plus d’une centaine d’espèces lui rendent hommage dans leur dénomination tel que Camponotus foreli, Notostigma foreli ou Forelius mccookie.

Pour cette cinquième journée, nous avons choisi de vous présenter un petit genre vivant en Amérique du Sud : Lenomyrmex !
Lenomyrmex est un genre assez énigmatique et peu décrit. Il n’a été découvert que très récemment, en 1999 par Fernandez et Palacio.
Cette petite fourmi de la tribu des Attini (au même titre que les fameuses Daceton, Pheidole et Cephalotes), n’a pu être observée et prélevée in-natura qu’en de rares occasions, au sein de la litière tropicale forestière équatorienne. L’on suppose que son mode de vie est endogé. (Se dit d’une espèce qui passe la majeure partie de son temps sous terre et ne fourrage pas ou très peu en surface.)

Elle est reconnaissable par ses mandibules profilées qui sont, pour les chercheurs, un signe d’une spécialisation pour la chasse d’arthropodes encore non identifié, peut-être des cloportes. Sa niche écologique est extrêmement restreinte, les moyennes altitudes à l’extrême Nord de l’Equateur et certaines zone au Panama et au Costa-Rica. Sur les quelques ouvrières prélevés aucun nourrissage n’a d’ailleurs réussi, ce qui laisse planer un doute sur son régime alimentaire.
Une étude de 2016 a également suggéré le fait que Lenomyrmex était la proie favorite de la grenouille venimeuse Oophaga sylvatica.

Au vu du faible dimorphisme entre la gyne et l’ouvrière, on suppose que ce genre fait de petites colonies et ne fonde pas par fondation claustrale indépendante. Lenomyrmex est donc un genre encore peu observé et peu compris des entomologistes, il n’a par ailleurs jamais été maintenu en captivité.
Elles sont donc un bon sujet de recherche pour les futures générations d’entomologistes désireuses de se faire une place.

Aujourd’hui, nous avons choisi de vous présenter une espèce inquiline méconnue du grand publique : Polyrhachis lama !
Polyrhachis lama est une espèce de 8 à 9mm, elle a un aspect physique assez classique pour le genre mais son comportement est cependant très excentrique.
En effet, elle est inquiline du genre Diacamma sp. ; c’est-à-dire que les gynes de Polyrhachis lama parasitent les colonies de leur hôtes : Diacamma et ces dernières cohabitent sans s’attaquer alors mêmes que Diacamma ne tire rien de cette intéraction. Ce qui est très particulier dans cette relation de parasitisme est que la plupart des espèces de fourmis parasites ont un ancêtre commun proche de leur hôte et qu’ici il est question d’espèces faisant parti de 2 sous-famille différentes. En plus de cela, Diacamma est connue pour être très territoriale est aggressive en comparaison à la majorité des espèces issues du même biotope, la sélection évolutive de cet hôte pour Polyrhachis lama semble donc très étrange.

 Une autre particularité de cette relation hôte-parasite est que les ouvrières de P.lama vont dans plusieurs colonies de Diacamma avoisinant la colonie hôte contenant la gyne Polyrhachis et y transportent une partie de leur couvain. En d’autres termes, Polyrhachis lama fait des nids satellites en parasitant plusieurs colonies de Diacamma en même temps.

Polyrhachis lama s’observe au Tibet, en Chine, en Indonésie, en Malaysie et aux Philippines. Elle est omnivore, fait de petite colonie et a été découverte par le slovaque Rudolf Kohout en 1994.

Camponotus sanctus @myrmicants

Aujourd’hui nous avons le plaisir de vous présenter une espèce du genre “Paltothyreus“, et pas n’importe laquelle, la seule et unique espèce du genre, “Paltothyreus tarsatus” décrite par Johan Christian Fabricius en 1798.
Il existe cependant plusieurs sous-espèces (P. tarsatus delagoensis, P. tarsatus mediana, P. tarsatus robusta, P. tarsatus striata, P. tarsatus striatidens et P. tarsatus subopaca).

Originaire d’Afrique, on trouve cette espèce sur la moitié du continent africain (Bénin, Cameroun, Guinée équatoriale, Guinée, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Kenya, Mozambique, Namibie, Sénégal, Sierra Leone, Afrique du Sud, Ouganda, République-Unie de Tanzanie, Zimbabwe)
Paltothyreus tarsatus est comportementalement assez proche de Pachycondyla crassinoda, c’est également la plus grande Ponerinae à gyne du monde d’un point de vue taille moyenne des individus.
Cette espèce de Ponerinae de grande taille (24 à 29 mm pour la gyne à 12 à 27 mm pour les ouvrières) a la particularité de faire de grosses colonies. En effet l’étude de 40 colonies provenant de savanes et de forêts en Côte d’Ivoire a permis de montrer que les colonies avaient une démographie moyenne de 3000 individus. Jusqu’à 3 colonies sont allées jusqu’à produire plus de 5000 ouvrières. L’espèce produit également un grand nombre d’individus sexué, parfois plusieurs centaines par colonies. A savoir que seules quelques autres espèces dispersées de Ponéromorphes dépassent les 1000 ouvrières in-natura.

Chez les colonies populeuses, on observe des nids à entrées multiples faits d’un vaste réseau de tunnels menant à différentes aires d’alimentation. Les ouvrières s’éloignent rarement des 5-6m de l’entrée du tunnel. Elles ont également une particularité assez spécifique, leur capacité à sécréter une odeur “d’œuf pourri” par leur glande mandibulaire. Cette odeur sulfurée est libérée par les ouvrières après l’effondrement des galeries pour que leurs congénères puissent les secourir. Il semblerait qu’elles produisent également une odeur de manière plus forte encore durant les essaimages (assez massifs) qu’on pourrait comparer à celle d’un “cadavre”.

Cette aptitude lui a value différents noms, “Fourmi cadavre” pour les communautés locales francophones et “Stink ant” chez les communautés locales anglophones.
Bien que Paltothyreus tarsatus semble capable de chasser grâce à ses mandibules acérées et à son puissant aiguillon, elle ne demeure pas moins une charognarde majoritaire des cadavres d’arthropodes, tués par la chaleur.
Aujourd’hui Paltothyreus tarsatus est peu présente dans les élevage européeen, seuls quelques fondations en Allemagne, en Belgique et en France ont été reportés.

Aujourd’hui, nous avons choisi de vous présenter la seule espèce de Myrmecia originaire de Nouvelle-Calédonie : Myrmecia apicalis.
Découverte en 1893 par l’italien Carlo Emery à Nouméa, Myrmecia apicalis fait figure d’exception au sein du genre Myrmecia : elle est la seule espèce de Myrmecia non endémique d’Australie ou de Tasmanie. Comme toutes les ressortissantes de son genre, elle est dotée d’une vision très performante, d’une grande intelligence, d’une grande capacité de compréhension de son environnement, de grandes mandibules et d’un aiguillon fonctionnel pouvant provoquer des chocs anaphylactiques.
Elle consomme des arthropodes qu’elle chasse en solitaire, ainsi que des liquides sucrés. Son mode de vie semble arboricole et pourrait être comparé à celui de Myrmecia nigrocincta.

Bien qu’elle soit la plus grande fourmi vivant en Nouvelle-Calédonie, Myrmecia apicalis est une relativement petite espèce de Myrmecia, les gynes mesurent environ 18 mm et les ouvrières 11 à 14 mm, on peut la comparer à sa célèbre cousine, Myrmecia pilosula.

Au XIXe siècle, Myrmecia apicalis pouvait s’observer dans les forêts primaires de l’intégralité de l’archipel néo-calédonien. Cependant, la déforestation, l’utilisation massive de pesticides ainsi que l’introduction de Wasmannia auropunctata dans son biotope, ont fait décliner la population de telle sorte que l’espèce n’est plus qu’observable sur l’île de Pins, un ilôt boisé reculé de l’archipel. 
Aujourd’hui, Myrmecia apicalis est la seule espèce de fourmi en danger critique d’extinction.

Pour aller plus loin :

Aujourd’hui, nous avons choisi de répondre à une question fondamentale que tout passionné de fourmis digne de ce nom s’est déjà posé : Quelle est la plus grande espèce de fourmi ?

Nous avons tout d’abord commencé par lister les espèces de France métropolitaine. Dans notre beau pays c’est Camponotus ligniperdus qui remporte le titre de plus grande espèce grâce à sa gyne mesurant environ 18 mm.
Cependant, cette dernière n’est pas la plus grande espèce d’Europe puisqu’une autre espèce de fourmi du même genre, vivant en Grèce réussit à atteindre les 19 mm, il s’agit bien sûr de Camponotus sanctus.
Malheureusement, il faut savoir que l’Europe semble être le continent où la moyenne de taille des fourmis est la plus basse : pour trouver la plus grande espèce du monde, il nous fallait donc étudier les 4 points chauds myrmécologiques, tous situés près de l’équateur  :
– la côte Est Australienne
– l’Afrique subsaharienne
– l’Asie du Sud-Est
– la forêt amazonienne

Après de nombreuses recherches, nous sommes parvenus à la conclusion que deux genres se partageaient le titre de plus grande fourmi d’Australie : Notostigma (N. carrazzi, mesurant 25 à 30 mm) et Myrmecia (M. brevinoda, mesurant 32mm pour les individus les plus grands, mais seulement 22-24 mm si l’on réalise une moyenne de taille de tous les individus).
Nous avons ensuite étudié les fourmis d’Afrique subsaharienne, dans cette région une espèce semble très prometteuse : Streblognathus peetersi mesurant environ 26 mm. Mais une autre fourmi semble pouvoir concurrencer Streblognathus, il s’agit de Dorylus helvovus, la fourmi voyageuse dont la gyne peut mesurer jusqu’à 5 cm grâce à ses déformation ovarienne. Cependant il s’agit là de la taille d’un individu unique et non de la taille de l’espèce, les ouvrières Dorylus sont en réalité plutôt petites. Il serait dont très peu judicieux de considérer cette espèce comme la plus grande sur la planète.
Il nous fallait ensuite étudier les fourmis d’Asie du Sud-Est, principalement une espèce : Dinomyrmex gigas, considérée par beaucoup, à tord, comme la plus grande espèce du monde. La taille des ouvrières varierait de 16 à 28 mm en fonction des sous-castes et la gyne pourrait atteindre les 35mm.

Il existerait en réalité un plafond de verre difficile à dépasser quand il s’agit de taille chez les fourmis. S’il existe plus d’une centaine d’espèces atteignant les 20mm, seules quelques dizaines réussissent à dépasser la barre de 25 mm et l’on compte moins de 10 espèces dépassant les 30 mm.

Il nous restait encore une région à étudier : l’Amazonie, zone encore mal connue où deux genres semblent prometteurs pour ce titre : Paraponera et Dinoponera. Très connue pour sa piqûre douloureuse, Paraponera clavata ne semble pas être la plus grande espèce du monde bien qu’elle atteigne la taille honorable de 25 mm de moyenne. La plus grande espèce du monde n’est autre que Dinoponera gigantea, mesurant 28 à 42 mm, l’espèce n’ayant pas de gyne, l’on peut considérer sans débat qu’elle est la plus grande espèce vivante à l’heure actuelle.

Cependant Dinoponera gigantea n’est pas la plus grande espèce de l’histoire car plusieurs fossiles de l’espèce Titanomyrma gigantea ont montré que les individus de cette créature préhistorique pouvaient atteindre 60 mm ; faisant d’elle la plus grande espèce connue à ce jour.

Aujourd’hui, nous avons choisi de vous présenter l’espèce de fourmi possédant la vision la plus performante : Gigantiops destructor !

Découverte par Fabricius en 1804 en Guyane française, Gigantiops desctructor est tout d’abord décrite comme une fourmi marquante, unique et singulière de part ses moeurs et son physique excentrique. L’espèce est monogyne et polymorphe, sa fondation est semi-claustrale et son activité est diurne. On l’a retrouve dans tout le bassin amazonien et elle est considérée par beaucoup comme le summum de l’évolution chez les fourmis.
Les ouvrières fourragent seules à la recherche de nourriture, elles sont arboricoles mais fourragent également au sol. Leur déplacement est très particulier, elles se déplacent par à-coup et ont l’étrange capacité de sauter (de branches en branches ou de feuilles en feuilles par exemple). L’espèce est uniformément noir et possède une pointe de jaune au niveau des antennes.
Gigantiops est très timide, elle s’enfuit dès que l’on s’approche d’elle, pour cause, l’espèce a été décrite plusieurs mois après sa découverte car les scientifiques n’arrivaient pas à récupérer de spécimens en bon état. Son nom scientifique est en  réalité sarcastique. Gigantiops n’a pas un physique lui permettant de se battre ou de chasser, elle est dépourvue d’aiguillon et ses mandibules ne sont pas très puissantes, elle erre donc à la recherche de liquides sucrés provenant principalement des nectaires extra-floraux. Gigantiops n’est pas une très bonne excavatrice, elle se contente donc d’occuper le nid d’autres espèces plus grandes comme Paraponera clavata, ce qui lui permet d’avoir accès à des restes d’insectes. Elle occupent aussi des cavités naturelles, des témoins ont également rapportés avoir observé des fondations de Gigantiops destructor dans des déchets humains tels que des bouteilles ou des cannettes de soda.
Gigantiops destructor est constamment sur ses gardes, prête à fuir, pour ce faire elle est dotée de grands yeux lui permettant d’observer son environnement à plus de 200° vertical et horizontal. Ses yeux sont composés de plusieurs milliers de cellules ommatidiennes et l’on suppose que sa vision est tetrachromatique. Gigantiops voit donc en relief, en couleur et en très haute définition. Elle détiendrait par ailleurs la meilleure vision chez les Formicidae.

Aujourd’hui une seule espèce de Gigantiops a été décrite : Gigantiops desctructor, cependant une autre espèce de Gigantiops ayant la même biologie mais dont la particularité serait d’être monomorphe a été rapporté par certains passionnés suisses et allemands.


Kit Martin & Myrmicants

Aujourd’hui, nous avons choisi de vous présenter 2 espèces de Camponotus peu communes en élevage et pourtant magnifiques  !! :p

Commençons par Camponotus storeatus, une magnifique Camponotus africaine mesurant environ 18 mm pour les gynes et 9 à 17 mm pour les ouvrières l’espèce s’observe dans des points localisés de l’Angola, de l’Afrique du Sud et de la Namibie.
Elle est de couleur brune et possède une forte pilosité lui conférant un aspect blanc duveteux au niveau du gastre. Son milieu naturel est naturellement très sec, l’espèce se montre diurne et elle se repère en observant les variations de couleurs sur le sable. Sa résistance thermique est l’une des plus importante jamais observée chez les insectes puisqu’elle survit de 6 à 45°.
 

Nous aimerions également vous présenter Camponotus bellus, une petite espèce de Camponotus polygyne vivant en Indonésie, en Malaisie, aux Philippines. Elle est de petite taille, 12 à 13 mm pour les gynes et 5 à 9 pour les ouvrières. L’espèce serait lignicoles et vivrait dans le bois mort des forets pluvieuses. Elle serait discrète, opportuniste et formerait de petites colonies de quelques centaines d’individus tout au plus. Physiquement, elle s’identifie grâce à sa magnifique tâche claire sur le gastre.


Aujourd’hui, nous choisi de vous présenter Pseudoneoponera rufipes, une espèce de la sous-famille des Ponerinae découverte par Jerdon en 1851.
Anciennement rattachée au genre Pachycondyla (jusqu’en 2014), Pseudoneoponera rufipes est une espèce au comportement plutôt placide, elle vit en Asie du Sud-Est, principalement dans les forêts tropicales mais également dans les parcs et zones rurales. L’espèce est monogyne et se montre relativement monomorphe, la gyne et les ouvrières mesurent entre 13 et 16 mm, il est par ailleurs difficile de différencier la gyne des ouvrières si ce n’est par son thorax légèrement plus anguleux et volumineux. P. rufipes est uniformément noir mat, son physique est finalement assez similaire à celui d’autres espèces de ponéromorphes terricoles. 

En réalité, c’est sa biologique qui rend Pseudoneoponera rufipes unique dans la groupe de Ponerinae. Il faut savoir que P.rufipes a la cuticule la robuste de toutes les Formicidae. Pour se protéger, elle s’enduit d’une mousse acide à pH 3 et aux propriétés gluantes et longues à l’évaporation. Ainsi ses prédateurs s’heurtent à un problème de taille pour la tuer puis la manger. La Pseudoneoponera rufipes est donc protégée des insectes par sa cuticule imperforable, et des vertébrés par sa mousse, la rendant impropre à la consommation. Cependant, elle ne peut pas sécréter cette mousse à l’infini, cette action est très fatigante. Les réactifs nécessaires à la transformation chimique conduisant à la production de mousse, mettent plusieurs jours à se reformer au sein de glandes spécifiques du gastre.
Pseudoneoponera peut alors compenser sa lenteur et sa faible démographie grâce à une protection très avancée lui permettant de faire face aux Pheidole, Carebara, Solenopsis et autres espèce à forte démographie. Cette action n’est pas un mode de chasse, elle a une utilité purement défensive, Pseudoneoponera se montre assez discrète dans son biotope.

Pseudoneoponera est la seule Ponerinae ne pouvant pas produire de gamergate (c’est-à-dire des ouvrières fécondées par un mâle et prenant la place de la gyne après sa mort). Elle utilise la parthénogènese télyhoque pour faire perdurer dans le temps ses colonies, ce mode de reproduction asexué est assez complexe à expliquer, nous avons choisi une autre espèce pour le présenter… À demain ! ^^ :p


Steve Shattuck

Colobopsis leonardi @antsHQ

Aujourd’hui, nous avons  choisi de vous présenter une fourmi capable de pondre des oeufs sans réaliser la reproduction sexuée !
Chez la majorité des fourmis, le/les individu(s) aptes à produire la descendance de la colonie sont systématiquement fécondés. Cependant, il existe deux modes de reproductions dites “asexuées”.
La première, la plus commune est la parthénogenèse arrhénotoque. On la retrouve chez la majorité des ponéromorphes, elle consiste pour un individu non-fécondé (ouvrière) à produire une descendance du sexe opposé en pondant de oeuf. Les ouvrières étant des femelles avec une monosomie X, elles produisent des individus XY : des mâles. Cela par des phénomènes génétiques assez complexes.
Cependant, il existe une parthénogénèse (commune dans le règne animal) extrêmement rare chez les fourmis (du moins dans sa forme aboutie), c’est la parthénogenèse thélytoque. Cette dernière consiste, pour une ouvrière, à produire des oeufs d’ouvrière clonaux d’elle même.
Ainsi certaines espèces telles que Pseudoneoponera rufipes ou encore le célèbre genre Pristomyrmex sp ont la capacité réaliser cette reproduction si les conditions nécessaires à son fonctionnement sont mises en place sur une longue durée.
Le genre Pristomyrmex a d’ailleurs rendu anecdotique l’utilisation des gynes, les colonies étant majoritairement composées d’ouvrières issues de la Parthenogénèse thélytoque.




Aujourd’hui, nous avons choisi un sujet un peu plus léger ! En effet, nous allons simplement vous présenter 3 fourmis très rares et aux couleurs incroyables ! :p

Commençons tout d’abord par Polyrhachis pirata et Polyrhachis cyaniventris, deux espèces de Forminicae, originaires des Philippines. Elles sont relativement grande pour le genre (environ 1cm) et ont été rendu célèbre par leur couleur bleu exaltante ! Elles vivent dans des niches arboricoles au sein des forêts tropicales de l’archipel des Philippines. Elles fourragent habituellement dans les buissons et les petits arbres et nidifient dans les cavités qu’offrent les branches.

Continuons avec Neoponera carbonaria, une Ponerinae sud-américaine, vivant dans des niches très localisées en Equateur, en Colombie et au Venezuela. Elle n’a été observée que très peu de fois, le plus souvent dans du bois en décomposition ou au cours d’études sur le comportement alimentaire du genre Eciton sp qui la chasse pour se nourrir.

Enfin, nous avons souhaité vous présenter cette magnifique Rhytidoponera croesus, une petite espèce d’Ectatomminae australienne vivant dans les steppes et se nourrissant de petit arthropodes qu’elle chasse grâce à son aiguillon.


 

 

Aujourd’hui, nous avons choisi de vous expliquer une recette de gelée nutritive facile à réaliser, pour vos fourmis.

Pour réaliser une gelée, il vous faudra tout d’abord faire bouillir de l’eau puis la verser rapidement dans un pot en verre préalablement stérilisé (pour ne pas que la nourriture moisisse au frigo). Vous pourrez ensuite y ajouter de l’agar-agar, une algue en poudre facilement trouvable en magasin bio et éventuellement de la spiruline ou une poudre protéiné.
Il vous faudra ensuite agiter la préparation jusqu’à ce que l’eau refroidisse à environ 50°C.
Ajoutez ensuite du miel ou du sirop d’agave/érable, il est essentiel de ne pas avoir une solution trop chaude pour réaliser cette étape car dans le cas contraire, les propriétés nutritives du miel ou du sirop pourraient être compromises.
Enfin, il est accessoirement possible d’ajouter quelques millilitres de jus de citron pour limiter l’oxydation.
Déposez la préparation encore chaude au frigo, cette dernière devrait gélifier après quelques dizaines de minutes.

Si la gelée est correctement conservée au réfrigérateur dans un récipient propre avec du filme plastique, la gelée pourra conserver 2 semaines sans risques. Il vous faudra cependant retirer les restes non-consommés dans l’aire de chasse de vos fourmis après 36 à 48 heures.

 

Aujourd’hui nous avons choisi de vous présenter un genre peu étudié et pourtant très intéressant : Leptanilla et plus précisément la ressortissante française du genre, Leptanilla revelierii.
Découverte en 1870 par Carlo Emery, cette fourmi minuscule (2 à 3mm), a une biologie unique en France. En effet, c’est une espèce dite “nomade”, elle ne fait jamais de nids fixes. Les colonies se déplacent donc tout en chassant des lithobies qui sont la proie qu’elles privilégient. Leurs nids temporaires se trouvent sous des pierres et des fragments de bois.
L’espèce possède un aiguillon venimeux dont le principe dépend directement de la consommation de Lithobies.
 Elle possède un comportement cannibale semblable à celui des fameuses “fourmis Dracula”. C’est-à-dire que les gynes (qui sont ergatoïdes, donc sans ailes) se nourrissent de l’hémolymphe de leur propre larve sans que ces dernières n’aient de séquelles par la suite.
L’espèce est très endogée, des males sont régulièrement observés en été dans des zones “sauvages” mais les ouvrières ne sont observées que tout les 10 à 15 ans.

Aujourd’hui nous allons parler d’une association particulière et méconnue entre 2 espèces de fourmis très différentes. En effet nous n’allons parler, ni de symbiose, ni de parasitisme mais de commensalisme. Cela correspond à une sorte d’entre-deux parmi ces deux relations. Le commensalisme se définit comme l’association entre des organismes d’espèces différentes mais qui ne profite qu’à l’un des organismes sans pour autant présenter de danger pour l’autre.

Pour commencer, une petite présentation des deux espèces s’impose : Ce sont toutes deux des espèces plutôt petites (de 4 à 5mm) vivant en Asie du sud-est et au sud de l’Océanie. Se sont des fourmis arboricoles, fourrageant et nidifiant dans la végétation basse des forêts. Les Gnamptogenys menadensis font des petites colonies allant de 100 à 500 ouvrières selon les régions, elles ne font pas de gynes mais la reproduction est assurée par plusieurs ouvrières fécondes : les gamergates. Elles sont opportunistes et se nourrissent donc de petites proies comme des insectes et de nectar ou autre substances sucrées. Les Polyrhachis rufipes font aussi probablement des petites colonies et on un régime varié. On peut voir qu’elles ont un aspect très proches des Gnamptogenys menadensis qu’elles imitent.

Cette imitation va au-delà de la simple apparence physique car elles présentent un « boxage antennaire » lorsqu’elles rencontrent des fourrageuses de G. menadensis. Ce comportement est un moyen d’assurer sa supériorité chez beaucoup de fourmis dites primitives, en imitant ce comportement, les P. rufipes ne sont pas attaquées et peuvent donc s’approcher sans crainte de leur « hôte ». Cette imitation leur permet d’utiliser les pistes de fourragement des G. menadensis pour accéder aux sources de sucre plus facilement. Ce qui fait cette association particulière est que c’est le seul cas de commensalisme connu entre une Formicinae et une ponéromorphe, car oui, l’on parlera ici de Polyrhachis rufipes et Gnamptogenys menadensis.

 

Aujourd’hui, nous avons choisi de réédité l’un de nos articles (ce dernier ayant été indisponible durant une longue période), sur Brian Lee Fischer : le plus grand myrmécologue de l’époque contemporaine.

Brian Lee Fisher est un biologiste, conservateur et taxonomiste illinoisais (Etats-unis) né le 29 octobre 1964 à Normal près de Bloomington.
Il est est connu pour avoir décrit et classifié près de 1250 espèces de fourmis ce qui en fait l’un des taxonomistes majeurs du XXIème.

Brian Fisher a consacré sa vie à étudier le monde des fourmis, devenant mondialement célèbre pour ses travaux, il s’est rapidement fait connaître comme expert reconnu en myrmécologie.

Initiateur de grands projets comme Antcourse (2001), IPSIO (2016) ou encore Antweb (2002)… Brian Fisher a eu un impact majeur sur la myrmécologie du début du XXIème œuvrant pour une meilleure diffusion des connaissances et pour une meilleure compréhension des espèces de fourmis du continent africain et de l’île de Madagascar. Il est d’ailleurs le fondateur du Madagascar Biodiversity Center, un musée/laboratoire créé en 2004 et dédié à l’étude de la faune et de la flore malgache.

 

Fils d’un professeur d’université et d’une enseignante au collège, Brian Fisher savait qu’il voulait travailler en plein air, faire un métier de terrain qui lui permettrait de bouger et d’être en contact avec la biodiversité. Deux jours après l’obtention de son diplôme d’étude secondaire (équivalent baccalauréat en France), il partit deux ans voyager à travers l’Europe à vélo, là bas, il apprit le français et la menuiserie.

Une fois de retour, il s’inscrit à l’Université de l’Iowa, pour une spécialisation en biologie. Déclarant alors qu’il rêvait de partir en Amérique latine pour observer la flore et apprendre l’espagnol. Fisher souhaitait en fait, comme il l’a déclaré, “vivre le rêve du collectionneur de plantes tropicales”.

Il partit alors 1 ans avec la Smithsonian Institution au Panama, pour étudier la flore locale. Cependant, de retour de son voyage, il déclara «Vous allez sous les tropiques et là, une grande diversité d’insectes pleut littéralement sur vous. À ce moment-là, j’ai décidé de passer du statut de grand explorateur botanique à celui de chercheur de fourmis.»

Fisher débuta alors un doctorat sur la systématique des fourmis à l’UC Davis. Il devint ensuite le conservateur et le président du département d’ entomologie de l’Académie des Sciences de Californie. Puis, quelques mois plus tard, il prit le post de directeur exécutif de la Bibikely Biodiversity Institute.


Si son laboratoire attitré se situe en Californie, Brian Fisher réalise la majeure partie de ses expéditions taxonomiques sur l’île de Madagascar. En effet, l’Afrique est de loin le continent où les espèces d’insectes y sont le moins bien répertoriées. Madagascar, la quatrième plus grande île du monde est en plus un site d’exception puisqu’elle propose un gamme de biotope varié, un taux d’endémicité des plus élevé et une géologie historique assez particulière. Ce réservoir biologique contiendrait environ 6% des espèces animales de la planète et sa situation économique dans la mondialisation ainsi que sa politique douanière lui ont permis de rester relativement protégée au niveau biologique.

Brian Fisher poursuit actuellement deux objectifs spécifiques. Depuis trois ans, il construit un «arbre de vie» pour les fourmis. Ce projet vise à cartographier l’histoire généalogique et évolutive des fourmis qui ont évolué à partir des guêpes. Dans le passé, ce travail se serait déplacé à un rythme d’escargot. Maintenant, en utilisant des données moléculaires et génétiques des fourmis, le processus par lequel les scientifiques peuvent comprendre «le tronc, les branches et les brindilles de l’arbre génétique» s’est considérablement accéléré.

A l’heure d’aujourd’hui, Fisher aurait identifié près de 9% des 13 000 espèces de fourmis identifiées. Ce chiffre gargantuesque d’espèces découvertes est le fruit de plusieurs décennies de travail avec les chercheurs de toute la planète comme Christian Peeters, Masashi Yoshimura, Mattieu Mollet…

On retrouve d’ailleurs un genre de fourmis à son honneur : les Fisheropone ; un genre de Ponerinae contenant une seule espèce, Fisheropone ambigua, découverte par Chris Schmidt & Steve Shattuck en 2014 au Cameroun.

En tant que possesseur de la plus grande collection de spécimens de fourmis du monde, Brian Fisher considère que son travail est loin d’être terminé, selon lui, il existerait plus de 30 000 espèces de fourmis, mais malheureusement, nous ne les découvrirons pas toutes.

En tant que scientifique, la vision de Fisher cherche à profiter à la société future, pas seulement aux amoureux des fourmis. Il revient souvent à son vrai rêve d’éliminer l’analphabétisme biologique, l’obscurantisme de nos sociétés modernes. «À mesure que les gens se déplacent vers les villes du monde entier, nous devenons de moins en moins connectés à l’environnement», explique-t-il. «Pour vraiment le comprendre et suivre les changements, nous devrions avoir un indice Dow Jones pour l’environnement, un spectre de tous les éléments et processus des écosystèmes.»

Selon lui, les données scientifiques les plus récentes sur les plantes, les fourmis, les animaux, l’eau, l’air, la vie marine et les changements de température seraient représentées dans l’indice. «Cet outil nous permettrait de donner une voix aux insectes, en particulier aux fourmis. C’est crucial car ils nous donnent le plus de données sur l’environnement que n’importe quel groupe. Leur cycle de vie est plus court, ils changent très rapidement », dit-il. «Tout le monde est tombé sur des fourmis. Maintenant, nous devons les écouter ».

Trouver de nouvelles espèces est devenu un peu plus facile pour Fisher et d’autres entomologistes. Il attribue cette facilité à l’invention de Google Earth. «Avant Google Earth», explique-t-il, «vous aviez besoin de noms d’espèces pour retrouver leur localisation. Désormais, il vous suffit de localiser un endroit dans le monde pour réaliser une exploration depuis chez vous. »

Pour montrer son appréciation pour ce nouvel outil technologique, lorsque Fisher a découvert une autre nouvelle espèce de fourmi à Madagascar, il l’a baptisée «Google Ant» ou Proceratium google. La fourmi de Google chasse des proies très spécifiques, des œufs d’araignées. Google Earth vous permet de se concentrer à partir d’un satellite dans l’espace jusqu’à, par exemple, votre propre jardin, pour voir quels fourmis, insectes et autres organismes vivants y vivent. 

Fisher a également identifié et nommé la «fourmi Dracula» (Amblyoponinae) lors de son travail à Madagascar. Cette espèce de fourmi possèdent des imagos qui sucent l’hemolymphe des larves de leur progéniture pour se nourrir. Les fourmis adultes ne pouvant pas manger d’aliments solides. Cette exemple était pour lui un cas unique d’évolution valant la peine d’être observé.

Messor arenarius @myrmicants

Aujourd’hui, nous avons choisi de vous présenter le genre Myrmoteras, un genre de fourmis asiatiques pas comme les autres !
Myrmoteras est un genre de Formicinae décrit pour la première fois par Auguste Forel en 1893. Ce sont les seules Formicinae possédant des mâchoires piégées comme certaines Ponerinae, cela est en réalité le fruit d’une convergence évolutive.
Les colonies se trouvent principalement dans les zones forestières où elles se nourrissent individuellement à la surface du sol et dans la litière de feuilles. Les nids sont minuscules, monogyne et comptent moins de 30 ouvrières, les nids se situent dans le sol ou dans de petites brindilles. Ces fourmis sont relativement rares, ou du moins rarement rencontrées car elles sont d’une part très petites ( environ 4 mm) et d’autre part très discrètes en raison de leur activité nocturne.
Les ouvrières chassent en solitaires de petits insectes et des collemboles en faisant claquer leur mandibules à la manière du célèbre genre Odontomachus, cependant contrairement à ces dernières, Myrmoteras ne possède pas d’aiguillon. 
Myrmoteras forme un ensemble d’espèces cryptiques difficile à différencier) dont certaines ont des modes de vies endogées (elles vivent rarement en surface).
Ce mode de vie discret est d’ailleurs un paradoxe puisque l’espèce possède de grands yeux adaptés à la vie diurne et à la prédation en surface mais ne fourrage que très peu dans les strates supérieurs.


Steve Shattuck
 


Aujourd’hui, nous avons choisi de répondre à l’interrogation de l’un de nos lecteurs : “Comment les fourmis respirent-elles ?“.

Comme tous les arthropodes, les fourmis respirent du dioxygène et rejettent du dioxyde de carbone. Elles ont une respiration aérienne et sont pourvues d’un appareil respiratoire ainsi que d’un appareil cardio-vasculaire, cependant ces deux derniers sont complétement différent de ceux observables chez les vertébrés.

Les insectes fourmis ne respirent pas à l’aide de poumons. Les organes respiratoires des insectes sont appelés trachées. Les trachées représentent un réseau de voies gazeuses traversant l’ensemble du corps de l’animal, elles se ramifient en trachéoles dont les parois sont très fine et perméable. C’est par contact à travers ces parois que vont se faire les échanges gazeux entre les organes et les trachéoles. Les trachées sont en contact avec le milieu extérieur grâce à de petits orifices situés sur le gastre et nommés “stigmates”. Ces stigmates ne laissent pas rentrer l’eau de sorte à ce que la fourmi ne meurt pas d’asphyxie instantanée au contact de l’eau.

Pour assurer la circulation des gaz, les insectes sont pourvu d’un coeur permettant de mettre en mouvement de manière rythmique l’abdomen et ainsi, produire un phénomène d’inspiration-expiration au sein de trachées. Il est très difficile d’observer ce type de mouvement chez les fourmis cependant, il s’observe facilement chez les bourdons ou les araignées.

Les fourmis ne possèdent pas de sang, mais de l’hémolymphe, ce liquide n’est pas rouge, car il ne contient pas de globule rouge et ne transporte donc pas de gaz : uniquement des substances nutritives.
Chez les insectes, le système respiratoire et le système cardio-vasculaire sont donc bien moins liés que chez les vertébrés.

Aujourd’hui, nous avons choisi de répondre à l’une de vos interrogations : comment différencier Camponotus turkestanus et Camponotus fedtschenkoi ! Le sujet étant très complexe, nous avons choisi de réaliser une vidéo en partenariat avec le vidéaste Fourmis de Plaines.

https://youtu.be/2miVXYXEXNM

Aujourd’hui, nous avons choisi de vous présenter une fourmi aux caractéristiques incroyables : Cephalotes atratus.
Plus connue sous le nom de “fourmi tortue” ou de “fourmi parachute”, Cephalotes atratus a été décrite en 1758 par Carl Von Linné, c’est l’une des premières fourmis sud-américaines à avoir été nommée.
Cephalotes atratus est la plus grande espèce du genre Cephalotes, elle est également celle ayant le plus grand polymorphisme puisque les ouvrières varient entre 6 et 20 mm alors que les gynes mesurent entre 19 et 21 mm.

La morphologie de Cephalotes atratus est très particulière, cette fourmi est massive, son tégument couvre une très grande surface et sa tête semble écrasée. Cette morphologie permet aux ouvrières de protéger l’entrée de leur nid en la bouchant avec leur tête, elles ont en réalité un aspect “blindé” et peuvent résister à de vigoureuses attaques.
Cephalotes atratus est une espèce très placide, elle n’attaque pas et se contente de se défendre. L’efficacité de défense des Cephalotes est telle que de nombreuses espèces d’insectes et d’arthropodes (guêpes, punaises, coléoptères et araignées) imitent sa morphologie pour tromper les prédateurs potentiels. Ce phénomène se nomme “mimétisme batésien”.

L’espèce est par ailleurs exclusivement arboricole on ne les voit que très peu fourrager au sol, les colonies vivent dans le bois vivant, parfois à plus de 30 mètres de haut. Les individus fourragent seuls ou en groupe au sein des branches de l’arbre colonisé, les ouvrières se nourrissent de liquides sucrés. Elles sont diurnes, on ne les observe jamais durant la nuit. La masse des individus est très importante et cela leur vaut de nombreuses chutes. Pour pallier à ce souci, elles utilisent leur corps comme parapente en orientant leur chute par augmentation des frottements avec l’air.

Il existe de nombreuses espèces de Cephalotes, chacune d’entre elles, est adaptée à des tailles de cavités naturelles différentes. Ainsi, chaque espèce occupe un nid adapté à sa morphologie. Les scientifiques émettent l’hypothèse que seules les lignées adaptées à une taille de cavité spécifique ont été sélectionnées au cours de l’évolution. Ce processus de spéciation aurait alors conduit à l’émergence de nombreuses espèces de Cephalotes dont la démographie et la taille varierait énormément.

 

https://youtu.be/-YFt2L2GOMg

Aujourd’hui, nous souhaitions vous parler de l’une des Ponerinae les plus fascinantes du continent africain : Plectroctena mandibularis !
Décrite en 1858 par Frédérick Smith, Plectroctena mandibularis est une grande espèce de Ponerinae nocturne se retrouvant dans toute la moitié sud du continent africain.
C’est une espèce prédatrice de iules et autres grands mille-pattes, l’espèce se subdivise en de nombreuses sous-espèces localisées et dont la morphologie varie énormément. Ainsi, il est possible d’observer des Plectroctena mandibularis de petite taille (environ 13 mm) comme Plectroctena mandibularis conjugata, ou de très grandes Plectroctena mandibularis de près de 26 mm comme Plectroctena mandibularis cafra major.
En fonction de ces sous-espèces se décline également différent systèmes de reproduction au sein des colonies. En effet, si la majorité des P.mandibularis possèdent des gynes ergatoide en polygynie, certaines possèdes des gynes ailées en monogynie. Le mode de fondation est alors impacté : bouturage ou semi-claustrale. Pour se reproduire, les Plectroctena réalisent des courses nuptiales, les colonies sont alors très éloignées les unes des autres ce qui limite la concurrence pour la nourriture (les iules n’étant pas une arthropode très abondant). 
Leur grandes mandibules leur permettent de s’accrocher fermement à leur proie pour ensuite la paralyser en la piquant. Leur gastre est d’ailleurs concave pour leur permettre une piqûre rapide sans difficultés. Les ouvrières peuvent également croiser énergétiquement leur mandibules pour réaliser un claquement nommé “snaping”, une forme d’attaque physique intense permettant de se défendre en produisant un violant choc destiné à engourdir l’assaillant.
Les colonies sont de petite taille : maximum 300 individus, l’espèce niche dans le bois mort ou creuse des galeries souterraines à plusieurs mètres de profondeur. Elles ne semblent pas apprécier les fortes chaleurs et pourraient cependant survivre à des températures relativement basses.
Les ouvrières semblent chasser en groupe, elles s’orientent ainsi mutuellement en pratiquant le tandem-running.
L’espèce s’adapte à de nombreux biotopes pourvu que ces derniers soit relativement végétalisés.

Ectatomma tuberculatum @myrmicants

En cette belle soirée du Réveillon, l’équipe Antariums a souhaité vous parler d’une espèce fascinante et possédant qui plus est, une génétique incroyable : Myrmecia croslandi !
Décrite en 1991 par David Taylor et Kazuo Ogata, Myrmecia croslandi est l’une des dernières espèces du célèbre genre Australien à avoir été identifiée. L’espèce est relativement petite pour le genre (environ 14 mm pour les ouvrières et  20 mm pour la gyne). Son corps est entièrement noir tandis que ses mandibules sont de couleur orange.
Myrmecia croslandi s’observe en Australie dans la région allant de Canberra à Sydney où elle se fait commune dans les parcs, jardins et zone boisées.
Mais sa plus grande particularité se trouve dans son génome. En effet, Myrmecia croslandi ne possède qu’une unique paire de chromosome, ces derniers ont en réalité fusionné au cours de l’évolution : un phénomène rare aux conséquences majeures. Ainsi Myrmecia croslandi est immunisée aux cancers sans qu’on en comprenne réellement les raisons.
Myrmecia croslandi est également une redoutable chasseuse capable de tuer des proies bien plus grosses qu’elle grâce à son venin très actif.

Bonjour à tous !

Cela fait maintenant plus d’un ans que l’aventure Antariums a commencé, vous êtes maintenant très nombreux que ce soit sur le site comme sur le discord. Nous avons d’ailleurs obtenue récemment le grade “discord partner”, une première en France pour un discord sur les insectes. Cela est pour nous l’une des plus belles récompenses et cela n’aurait jamais été accomplit sans vous. C’est pourquoi nous vous remercions du fond du coeur et vous souhaitons de belles fêtes de fin d’années, en espérant que 2022 soit toujours aussi trépidante et exaltante pour la myrmécologie.

Merci à tous, 
L’équipe Antariums !

https://discord.gg/antriums
antariumscontact@gmail.com

Joyeux Noël !! 100%

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